SIDICK BAKAYOKO CONSTRUIT LE PARADIS DU JEU VIDÉO AFRICAIN

Chaque année, l’industrie des jeux vidéo génère au minimum 100 milliards de dollars. C’est plus de 300 studios établis ou non, des développeurs indépendants dans leurs chambres jusqu’aux équipes de 50 personnes. C’est un secteur à gros potentiel dont l’Afrique ne représente qu’1%. Sidick Bakayoko fait partie des africains passionnés de jeux vidéo qui en ont fait un business. Il a créé la start-up Paradise Game qui organise chaque année un festival de jeux vidéo à Abidjan.

Sidick Bakayoko est ingénieur en électronique et informatique Après avoir travaillé dans une start-up aux Etats-Unis, il rentre en Côte d’Ivoire où il fait de la gestion de projets pour un fournisseur de services. En 2016, il lance Paradise Game. « On est allés un peu loin en l’appelant le plus grand événement d’e-sport en Afrique parce qu’on voulait un peu choquer tout le monde » déclare le passionné de jeux vidéo. Le but de l’événement était de rassembler les gamers africains dans un tournoi interactif. Aujourd’hui, c’est plus de 10 pays qui y ont participé. « La plupart des participants ont pris le bus pendant 24 à 48h juste pour pouvoir venir pendant 2 à 3 jours vivre cette expérience avec d’autres personnes. » rajoute-t-il.

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Au départ, Sidick Bakayoko voulait créer son propre jeu vidéo. Ayant grandi dans les années 90 en voyant son grand-frère jouer sur l’un des premiers ordinateurs  publics à « la Liga », « La Tari », il en a gardé l’image du rêve et les étoiles dans les yeux. En s’intéressant à la création des jeux vidéo, il décide de se lancer dans un projet plus grand. Il entreprend des actions pour influer sur tout l’écosystème. « Pour nous, il s’agit de regarder tout cet univers et de voir comment est-ce que demain, il peut permettre de créer plus d’emplois, plus de revenus. » se projette Sidick. Au Cameroun, au Sénégal, au Tchad, des hubs de créations de jeux vidéo se créent. De plus en plus de joueurs découvrent les opportunités liées à l’e-sport. Paradise Game se place au milieu jouant le rôle de facilitateur. Le positionnement de la start-up se résume en trois mots en anglais Entertainement-Education-Empowerment. L’événementiel peut être considéré comme un service d’appel pour créer une marque pérenne. Le développement de Paradise Game se poursuit par l’ouverture de salles de gaming et e-learning. La formation, quant à elle,  occupe une grande partie de l’activité de Paradise Game.

Sidick BAKAYOKO vient de lancer les Gaming Community Party. Chaque mois, des tournois seront organisés entre gamers. La salle de Paradise Game est mise à disposition. Les vainqueurs sont amenés à affronter d’autres communautés et même des joueurs d’autres pays africains. Sidick souhaite ainsi mettre le gamer au centre et par la même occasion poursuit le projet de l’entreprise qui veut divertir et éduquer la jeunesse. La création de communauté permet de donner de la force au mouvement.

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 « Les choses vont se faire par étapes et aujourd’hui, le positionnement est clairement identitaire. Il y a un besoin pour un certain nombre d’acteurs de se réapproprier la culture africaine. » Pense l’entrepreneur. Kiroo Games, par exemple, a lancé son jeu il y a quelques années et a un partenariat avec un studio en Californie. Il y a un réel intérêt pour ces marchés-là mais la construction de l’industrie sur le continent prendra un temps difficilement chiffrable pour le capitaliser. A Paris, dans le cadre de l’Africa Corner, les studios africains présentent chaque année depuis deux ans leur savoir-faire. « On ne sait pas encore ce que ça va donner mais on commence à voir ces petites choses qui commencent à émerveiller » raconte-t-il fièrement. Par ailleurs, il faut s’intéresser au milliard de personnes sur le continent africain et développer le marché local. « Si vous n’êtes pas intéressés par l’histoire de Behanzin ou d’un autre roi ou prince, il faut trouver ce qui attire l’attention comme les jeux éducatifs ou des jeux basiques qui utilisent des codes internationaux. » ajoute Sidick. Avec la mondialisation, les barrières technologiques se lèvent et ce qui fera la différence dans les prochaines années, se résume en un groupe de mot : « la prise de risque ».

L’Afrique a un boulevard devant elle pour exploiter les opportunités liées à l’e-sport, rendez-vous dans quelques années pour analyser l’avancée.

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