CÉCILE MAMS : “MON LIVRE EST À MI-CHEMIN ENTRE L’AUTOBIOGRAPHIE ET UN GUIDE DE DÉVELOPPEMENT PERSONNEL DANS LEQUEL J’ENCOURAGE LES FEMMES À SE CHOISIR”

Cécile MAM'S

 Cécile Mams est une auteure d’origine camerounaise. Avant  de conseiller à travers ses écrits, elle conseillait ses clients en tant qu’assistante de banquier privé. Ses épreuves et traumas personnels ont été à l’origine de son premier livre, Pense Comme Une Reine, un guide de développement personnel destiné aux jeunes filles. Il faut dire que le développement personnel à destination des femmes,  c’est un peu le cheval de bataille de Cécile, qui milite pour que les femmes apprennent à se prioriser. Dans son second livre, Rendez-vous avec mon destin, elle se sert encore une fois de son parcours personnel pour sensibiliser les femmes et les pousser à vivre dans leur vérité.

À travers cette interview, nous revenons sur son parcours et les convictions qui l’ont mené aujourd’hui à partager publiquement son histoire.

Comment te retrouves-tu à être auteure alors que tu viens du monde de  la finance ?
A la base, c’est mon père qui voulait que je sois dans la finance ; pour lui, c’était un secteur porteur. J’ai donc fait un BAC Sciences Éco, que je n’ai obtenu qu’au bout de la troisième fois. C’est grâce à une excellente prof de maths, qui m’a permis de garder ma vision (obtenir mon BAC) tout en changeant mes méthodes, que j’ai enfin obtenu mon diplôme. Cette victoire  a ouvert mon champ des possibles et j’ai compris que j’étais capable de tout réussir. Après ça j’ai fait une licence en Éco Gestion, puis un master en Finance et je me suis spécialisée dans la gestion de patrimoine.
À l’époque, je voulais surtout offrir mes services aux sportifs, car j’en avais beaucoup autour de moi, mais pour ça je devais d’abord acquérir au moins 5 ans d’expérience dans le conseil financier. J’ai été recrutée par la Barclays Bank en tant qu’assistante de banquier privé, et après une année chez eux j’ai été recrutée par HSBC en tant que conseillère financière.
Et là, au bout de 2 ans et demi, ce fut la crise existentielle :  j’avais 27 ans et l’impression que mon métier n’avait aucun sens. Je vendais des produits à des gens qui n’en avaient pas vraiment besoin, et je sentais que ce n’était pas ma place. J’ai tout remis en question.

Dans ma quête de sens, j’ai commencé à m’intéresser au Cosmos, à l’Univers, à notre place dans ce système. Et j’ai réalisé qu’il y a une harmonie et une intelligence à laquelle on ne fait pas attention. Je me suis ensuite intéressée à l’astronomie et à la métaphysique ; et plus je lisais, plus je ressentais le besoin de partager ça avec ma communauté sur Facebook. J’ai donc créé une page qui s’appelait «Chez Mlle Mams» sur laquelle je partageais mes lectures et je donnais un peu mon opinion. J’ouvrais la discussion sur différents thèmes en donnant des conseils (astronomie, astrophysique, développement personnel, autobiographie, ésotérisme, etc). Puis il y a eu une sorte d’effet domino : beaucoup de jeunes filles et jeunes femmes m’ont écrit pour me dire que mes mots les touchaient beaucoup et que je devrais écrire un livre. Et c’est comme ça que le projet de mon premier livre, Pense comme une Reine, est né.

Quelle est la démarche derrière Pense comme une Reine, de quoi parle leCover- Pense comme une reine livre ?
Pense comme une Reine, est un guide de développement personnel pour les jeunes filles dans lequel je parle de tout ce qui a trait à l’estime et à la confiance en soi. Je parle beaucoup de mon expérience et j’aborde toutes les thématiques qu’on peut se poser à propos des relations amoureuses ou amicales, du travail, de l’école… Je rappelle également que l’échec est un diplôme. Mes propres échecs au BAC m’ont beaucoup appris l’effort et la résilience, et cela m’a donné la force et le courage de faire face à mes difficultés pour surmonter les épreuves. 

Quel est le processus de production d’un livre, combien de temps ça prend ? Est-ce que tu te fais accompagner ou bien tu es en auto-édition ? (12:25)

Au départ, je suis vraiment toute seule face à ma feuille blanche, et je suis même obligée de m’arrêter de travailler car j’ai besoin d’être à 100 % dans ma bulle. Écrire nécessite de faire ressortir ce qui est à l’intérieur, d’être dans la sérénité et le calme. Pour mon premier livre, je me suis arrêtée de travailler pendant sept mois. Ma méthode est la suivante : chaque fois que je lis un passage d’un livre qui m’inspire – quel qu’il soit – j’annote ce passage et je le range dans un classeur que je ne ressors que lorsque j’ai besoin d’inspiration. Par exemple, je prends un livre qui parle d’astrophysique, je surligne les passages en question puis je les classe sous le thème «astrophysique». Et lorsque je suis face à ma feuille blanche et que je veux parler de ce même thème, je retourne feuilleter mon classeur et relire les passages que j’ai gardés. Je commence toujours par les définitions – C’est quoi l’astrophysique ? C’est quoi la spiritualité ? – et je parle de mon expérience et de ce qui m’a amenée à ma situation actuelle. J’écris de manière brute, j’écris TOUT ce que je ressens.

Ensuite, je fais intervenir une correctrice qui sublime mon texte et essaie d’harmoniser au mieux les chapitres. Une fois cette étape terminée, je liste toutes les maisons d’édition qui sont dans mon genre littéraire et ensuite je vois ce que je dois leur envoyer. Certaines demandent le manuscrit, d’autres ont juste besoin du synopsis ou de trois chapitres, pas plus.  Pense comme une Reine a été publié par Edilivre, qui se situe entre la maison d’auto-édition et la maison d’édition classique. Moi je m’occupais de toute la partie communication et eux de la partie production. 

Pour mon second livre, Rendez-vous avec mon Destin, ma maison d’édition Hello Editions s’occupe de tout : la communication, la production, la diffusion.


Tu as publié Pense Comme une Reine il y a 7 ans ; quel a été le retour des gens et qu’est-ce qui a déclenché l’écriture du nouveau livre ?

Les critiques ont toutes été positives, vraiment. Ça a touché beaucoup de jeunes filles qui se sont reconnues dans mon histoire, mes épreuves, mes difficultés. Ça m’a surprise, parce que ce livre, je l’ai écrit avec le cœur, sans imaginer l’impact qu’il aurait. Et ça m’a même amenée à créer mon association, qui s’appelait à l’époque Mams Girls mais qui aujourd’hui se nomme Every Girl.
Je savais que j’allais écrire un deuxième livre, mais je ne savais pas quand. Le premier livre a été publié en 2015, quand j’avais 28 ans mais j’avais commencé à écrire en 2013 lorsque j’avais 26 ans. 
Et à l’âge de 30 ans, j’ai décidé d’aller en thérapie, parce que je me suis rendue compte que quelque chose n’allait pas dans mes relations amoureuses. Je finissais par saboter un peu la relation en me comportant comme une gamine, comme si j’avais peur de l’abandon. Je vivais toujours les mêmes expériences, et au bout d’un moment j’ai compris que je devais faire un travail sur moi. La psychologue m’a expliqué que je devais faire parler la petite Cécile, la laisser s’exprimer. J’ai  beaucoup pleuré, parce que c’est très dur de faire remonter des choses aussi enfouies en soi. C’est comme faire exploser une bombe. Après tout ce cheminement, je me suis sentie prête à écrire.

Le livre a aussi été un exutoire, une thérapie en soi. Je me suis mise à nue et j’ai été sincère avec moi-même et avec le monde. Ce livre est à mi-chemin entre l’autobiographie et un guide de développement personnel dans lequel j’encourage les femmes à se choisir. Parce que souvent on est généreux avec les autres et pas avec soi-même, on met beaucoup les autres en avant et on oublie son âme. Et la mienne criait depuis longtemps, elle essayait de me parler notamment à travers mon corps, qui est tombé malade. J’ai développé de l’endométriose et un diabète de type 1. Aujourd’hui, je m’écoute beaucoup, je me choisis. Et dans le livre j’explique que se choisir ce n’est pas être égoïste, au contraire : c’est avoir de l’amour pour soi.

Cover-Rendez-vous avec mon destin

Tu sembles avoir beaucoup de facilité à te confier sur des choses très personnelles, ce que la plupart des gens éviteraient par peur d’être vulnérables. Comment tu fais, toi, pour être à l’aise avec ça ?
Je sais qui je suis et je trouve que la vulnérabilité c’est une force ; pourquoi le cacher ? Ce que pensent les autres ne regardent qu’eux, j’ai dépassé cela. Je n’ai plus peur, je me mets à nue et selon moi, c’est l’une des choses les plus difficiles qui soient pour nous, en tant qu’êtres humains. Beaucoup de gens se préoccupent de ce que les autres diront, mais quand tu t’exprimes, quand tu portes ta voix, ça n’a plus la moindre importance. Donc oui, aujourd’hui les gens peuvent penser que je me confie trop facilement, mais j’ai 35 ans et je ne veux plus me taire.
C’est aussi ce que je prône auprès des femmes : l’affirmation de soi. Mais ça prend du temps et ça passe par savoir qui on est, car lorsqu’on ne se connait pas, on laisse les autres nous définir et on a donc peur de ce qu’ils pensent.


Tu abordes beaucoup le thème de la confiance en soi ; est-ce que pour l’atteindre tu penses que la thérapie c’est suffisant ?
Non, honnêtement non. Je pense que la spiritualité c’est très important aussi. Je me considère comme spirituelle – pas religieuse – et c’est le développement personnel qui m’a menée à la spiritualité. Se connaître ce n’est pas juste connaître ses qualités et ses défauts, c’est aussi se connaître en tant qu’être. Reconnaître que tu es plus qu’un simple corps physique, qu’il y a une âme et un esprit qui vont avec. Et quand tu commences à saisir ce que sont ces trois éléments et à les relier entre eux, tu comprends qu’il y a quelque chose de supérieur à toi qui gouverne ta vie. Une fois qu’on réalise la présence de ce Créateur, de cette Source de Vie, on ne se sent plus seul.e. Et pour moi c’est notamment la prière qui m’a guidée à travers cette quête de guérison, qui m’a permis de me connecter à cette source d’énergie. Nous sommes des êtres énergétiques, tout est champ d’énergie, et si nous venons de cette source qui est un, alors nous avons tous un but dans cette vie.
Tu nous as dit plus tôt que tu n’étais pas religieuse. Pourtant, la prière est régie par les codes de la religion. Comment on prie quand on n’est pas religieux ?

En fait pour moi Dieu est en chacun d’entre nous et contrairement à ce que dit la religion, je ne pense pas qu’il y ait une bonne ou mauvaise façon de prier. C’est toi, ta connection et tes vibrations qui vont guider la prière. Tu parles avec ton cœur et comme nous sommes des êtres vibratoires, ce qui prime, ce qui porte ton message, c’est ce que tu as à l’intérieur de toi. Pour moi il n’y a pas de code. Ce qui compte, c’est ton intention.

Dis-nous en plus sur ce que tu lis ; Quels sont les livres qui ont structuré la personne que tu es aujourd’hui ?

Le premier livre que j’ai lu qui m’a vraiment transcendée c’est La Formule de Dieu (José Rodrigues dos Santos, 2006 ). Dans ce récit, il explique l’harmonie et l’intelligence de l’univers, et ça a créé un déclic en moi. Le second livre c’est Au-Delà de la Beauté (2012), qui est le récit autobiographique de Alexandra Villarroel. Elle y parle de sa vie, de ses échecs et de tout ce qui a trait à l’estime et la confiance en soi. Ces deux livres ont vraiment eu un impact premier dans ma vie. Et aujourd’hui je lis de tout : des romans initiatiques, des autobiographies, des livres sur la spiritualité, l’ésotérisme, les anges, les guides, les êtres de lumière…

Où est-ce que tu te vois dans 10 ans ? Est-ce que tu penses faire de nouveau une pause dans ta carrière pour écrire un livre avant de retourner à la finance ?

Là je suis dans un processus de reconversion pour intégrer le secteur de la philanthropie et devenir collecteur de fonds. Si tout se passe bien, je vais débuter une formation pour obtenir ce diplôme-là. En tout cas, je me vois arrêter complètement la finance – ou plutôt intégrer un secteur voisin mais plus porteur de sens pour moi, car un collecteur de fonds va chercher des sous pour financer des projets philanthropiques. Je me dis que ça va surtout servir mes projets car je veux transformer mon association en fondation*. Je me vois aussi faire des conférences, intervenir dans des séminaires, mais pas seulement dans le domaine du développement personnel et de la spiritualité. J’espère explorer d’autres sujets – après tout, on ne peut pas être statique dans la vie, on doit aussi évoluer avec elle.

Vous pouvez commander les livres de Cecile ici : https://cecilemams.com/les-romans/ 

*Une association est un regroupement de personnes autour d’un projet commun et sans but lucratif. Une fondation œuvre pour une cause relevant de l’intérêt général (d’où le besoin de fonds). 

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