‘Les Femmes, Avenir du Continent Africain’: Le Débat des ‘étoiles’, du Monde Afrique

Après Abidjan en septembre 2015, la deuxième édition des ‘Débats du Monde Afrique’, une série de rencontres et de discussions portant sur les grands enjeux de développement du continent Africain organisé par Le Monde Afrique, avait lieu le 23 février dernier.

Entre blockbuster hollywoodien – avec un casting d’invités de marque – et grand raout féministe, cette édition des ‘Débats du Monde Afrique’ a posé ses valises dans le très symbolique Musée du Quai Branly – le musée des arts et civilisations d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques – dans le 7e arrondissement de Paris, le long du quai de la Seine du même nom que le musée et au pied de la tour Eiffel.

Dans le Théatre Claude Levi-Strauss qui pour l’occasion avait fait le plein de son demi-millier de places assises, plus de huit heures de débats quasi ininterrompus sur le thème: ‘Les femmes, Avenir du Continent Africain’. Ponctuées de prestations musicales et de séquences cinématographiques, les discussions étaient agrémentées d’une exposition dans le hall d’accueil du théâtre, de photographies réalisées par la Banque Mondiale -partenaire de l’évènement – autour du sujet : ‘Closing The Gender Gap’.

 

Le débat des ‘étoiles’

S’il fallait emprunter au vocabulaire sportif, la deuxième édition des ‘Débats du Monde Afrique’ était un véritable ‘All-Star Game’. Cette expression caractérise ces matchs d’exhibition dans la culture sportive américaine, qui oppose une fois par an les meilleurs joueurs de chaque ligue dans leur discipline respective, le temps d’un week-end de festivités. Mais d’arène sportive, il s’agissait plutôt d’une scène où se succédaient des figures africaines de la finance, de l’activisme, de la politique, de l’Art ou encore de l’entreprenariat. Ces dernières, en véritables rock-star, étaient à chaque fois accueillies et raccompagnées, sinon par des ovations, du moins par des salves d’applaudissements prolongées d’un public totalement extatique.

Entre deux féministes et panafricanistes renommées comme Leymah Gwobee qui affirme: Mon féminisme n’exclut pas les hommes’ et Chimamanda Ngozi Adichie qui se qualifie de ‘féministe heureuse qui ne déteste pas les hommes’, de nombreuses personnalités ont partagé l’idée que la lutte pour l’amélioration de la condition féminine n’est pas juste une question africaine, mais doit être une préoccupation mondiale.

Ainsi, Makhtar Diop*Awa Marie Coll Seck, Fatou Bensouda, Fadumo Dayib, Ebele Okobi, Magate Wade ou encore le musicien Salif Keita ont aussi manifesté à tour de rôle leur engagement sur le sujet.

Vers l’égalité des chances

Si les débats ont mis en évidence les performances intéressantes de l’Afrique dans le domaine de la promotion du genre – notamment en politique** où beaucoup de pays surpassent les grandes puissances occidentales, et dans l’entreprenariat où les femmes sont propriétaires du tiers des entreprises du Continent – le processus est encore perfectible.

Ainsi, dans l’enseignement primaire par exemple, seulement dix-huit pays africains ont atteint la parité des sexes en 2011 d’après l’UNESCO***. Pourtant, selon une évaluation d’impact du programme ELA d’autonomisation des adolescents mis en œuvre par l’ONG BRAC dans des clubs réservés aux filles à travers le Continent, si cette situation est résorbée, le bénéfice social sera immense! En effet, celles inscrites dans ce programme avaient 72 % plus de chances d’exercer des activités rémunératrices et leurs revenus tirés d’un travail indépendant étaient trois fois supérieurs à la moyenne.

Egalité des chances, respect mutuel, complémentarité des genres, droit au libre arbitre, à la dignité et à l’autodétermination – entre autres – ne serait- ce pas le champ lexical nouveau de ce combat pour le droit à la différence, contre l’obscurantisme, dont nous sommes tous légataires?

En tout cas, ce deuxième ‘Débats du Monde Afrique’ aura donné plus d’une raison de réfléchir à l’aube de ce mois de célébration de la Femme.

Vivement la prochaine édition!

                                                                                                                                                                    Louis Gilbert Bissek

 

*Vice-président de la Banque Mondiale pour l’Afrique
**D’après une étude de l’Union Interparlementaire en 2015 sur le pourcentage de femmes dans la Chambre unique ou Chambre basse dans le monde, sur les 40 pays en tête du classement, 15 pays africains figurent: 1. Rwanda (63.8%); 4. Seychelles (43.8%); 6. Sénégal (42.7%); 8. Afrique du Sud (42.0%); 11. Namibie (41.3%); 13. Mozambique (39.6%); 15. Ethiopie (38.8%); 19. Angola (36.8%); 22. Burundi (36.4%); 23. Tanzanie (36%); 24. Ouganda (35%); 30. Algérie (31.6%); 33. Tunisie (31.3%); 34. Cameroun (31.1%); 37. Soudan (30.5%)
***EFA Global monitoring Report 2015: Gender and EFA 2000 – 2015: Achiements and Challenges

crédit photo: Didier Assogba, oeildafrique.com

 

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