Le « reverse development » de la tech africaine

Haweya Mohamed et Ammin Youssouf sur la scène de la dernière conférence Afrobytes

Rassembler les acteurs africains de la diaspora et du continent pour parler de technologie, c’est le défi que s’est lancé l’équipe de Afrobytes. En juin dernier, Haweya Mohamed, Ammin Youssouf et leur équipe réussissaient leur pari en réunissant médias, ONG, consultants, chefs d’entreprise, entrepreneurs et passionnés de nouvelles technologies pendant trois jours au MEDEF. On pouvait y croiser Rokhaya Diallo ou encore Claude Grunitzky, le fondateur de Trace. Une conférence de plus sur l’Afrique organisée en Europe ? Oui mais pas que… Les organisateurs ont fait le choix d’une localisation qui leur permettait de rassembler le plus grand monde et les discussions étaient résolument orientées solutions plutôt que problèmes. On y a parlé de la place de la diaspora dans le développement du continent mais aussi et surtout des dernières innovations technologiques dont certaines ont été présentées par leurs créateurs.

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Rebecca Enonchong, entrepreneur tech, à la tête d'AppsTech, ActivSpaces et IOSpaces, pour ne citer que cela

Nous avons rencontré Rebecca Enonchong, entrepreneur tech, à la tête d’AppsTech, ActivSpaces et IOSpaces, pour ne citer que ceux là.

Le terme que l’on a retenu au bout de ces deux jours, c’est “reverse development” ou encore innovation inversée. Il s’agit du fait de concevoir des produits dans et pour les pays émergents avant de les vendre dans les pays industrialisés. L’innovation inversée consiste à concevoir des produits dans et pour les pays émergents avant de les vendre dans les pays industrialisés[1]. Si l’idée de créer un terme spécial pour ce type d’innovation nous a dans un premier temps parue péjorative, elle est, semble-t-il, synonyme de révolution. Le monde se rend compte que la révolution peut aller du Sud au Nord et pas toujours l’inverse. “Il n’est pas possible en 2016 en France de faire ce qui est possible dans certains pays d’Afrique : payer son médecin par téléphone mobile, son électricité, consulter les cours des matières premières par sms, même le transfert d’argent par mobile en multi opérateurs d’un pays à l’autre est fréquent en Afrique et absent de nos usages courants… L’Afrique est le « mobile first » continent.” souligne Haweya Mohamed.

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Afrobytes sera dans les prochaines éditions un des grands rendez-vous pour les entrepreneurs des nouvelles technologies africaines et non africaines. C’est une occasion de se rassembler, de faire le point sur les innovations, d’élargir les horizons, de faire du business, mais surtout de démontrer que le fait que les africains créent, n’est pas une révolution mais la manifestation de talents dont la lumière était jadis cachée par la domination occidentale.

[1] Selon le magazine l’Express

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