AirBNB EN AFRIQUE : SUCCÈS OU DESILLUSION ?

En seulement sept années, le leader mondial de la location de logements entre particuliers a conquit l’occident et compte bien s’imposer en Afrique. Déjà implanté dans dix sept pays du continent Africain, dont l’Afrique du sud, Madagascar, la Côte d’Ivoire, le Maroc, le Kenya, l’Ethiopie, le Zimbabwe, le Sénégal, le Ghana, Airbnb s’appuie sur une Afrique de plus en plus connectée pour toucher un maximum d’utilisateurs. Application innovante contre réalités africaines, qu’en est-il réellement?

 Les sites touristiques :

Internet étant de plus en plus accessible, l’Afrique comptera fin 2015 plus de 190 millions de connectés selon l’International Telecommunication Union. De quoi ravir les promoteurs d’Airbnb qui voit en ce continent, un vaste marché à conquérir. Les destinations touristiques en Afrique sont certes nombreuses mais peu exploitées. Cela s’explique par les critères basiquesde sélection d’une destination de voyage, à savoir la sécurité, le développement du pays, le budget, la barrière de la langue, la présence de monuments, lieux et attractions touristiques.Les pays Africains comptant le plus d’annonces sur le site Airbnb sont donc sans surprise l’Afrique du Sud, le Kenya et le Maroc avec respectivement 9400, 1400 et 8000 annonces.

Les utilisateurs

Le principe d’Airbnb est de permettre aux particuliers de proposer une alternative aux chambres d’hôtels et autres établissements locatifs dont les coûts sont souvent élevés, mais aussi une solution à l’absence de structures d’accueil de standingdans certains pays. La recette fonctionne bien en occident mais semble avoir du mal à être appliquée dans ces pays d’Afrique où la plateforme est installée. Lorsque l’on visite les offres à Abidjan, Bamako, Dakar ou même Lomé, on se rend très vite compte que les annonceurs sont des professionnels qui présentent leurs résidences et studios meublés. Cela peut s’expliquer par le fait que l’application est très peu connue des particuliers vivant dans ces capitales, mais aussi parce que le principe de location d’une résidence personnelle à des étrangers n’est pas un concept inscrit dans les mentalités locales. De plus, les réalités économiques propres à ces pays d’Afrique font qu’il est rare pour un citoyen lambda d’avoir à disposition un logement susceptible d’être mis en location occasionnellement.

Un concept basé sur la confiance, à risque et péril

Le descriptif du logement donné par les hôtes sur la plateforme relève de leur seule responsabilité. Par conséquent, il peut ne pas être le reflet de la réalité. Les avis d’utilisateurs d’Airbnb à travers le monde restent mitigés. Au delà de quelques témoignages des personnes satisfaites, il y a beaucoup de mécontents notamment du fait de la qualité des services tant pour les locataires que pour les propriétaires. Aucune mesure de sécurité n’est prise quant au passif des hôtes ou pour favoriser la protection des voyageurs.
Il est donc fortement recommandé de bien lire les conditions d’utilisation de la plateforme avant de publier une annonce ou de choisir une location.

 Le coût

Les professionnels ayant pour l’instant pris d’assaut l’application, les prix affichés sont plus ou moins similaires au prix moyen des chambres d’hôtel et appartements meublés sur le terrain. A titre d’exemple, les annonces Airbnb ivoiriennes dont les tarifs oscillent en moyenne entre 50 et 100 euros, se rapprochent des coûts des nuitées dans les hôtels moyens et haut standing du pays. Reste à voir comment la société californienne compte séduire les particuliers et faire respecter le principe même de l’application qui fait son succès à travers le reste du monde.

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