4 QUESTIONS A YVOIRE DE ROSEN

Les origines de Yvoire de Rosen sont le fruit d’un véritable melting-pot culturel : le Sénégal, le Mali et le Cameroun de par son père, le Soudan, l’Angola, le Congo, la Belgique, le Portugal, la France et la Suède de par sa mère. Même si son patrimoine suédois ne reflète pas forcément son africanité, Yvoire se définit comme une afro-descendante, très rattachée à sa culture africaine, dont elle est fière, mais aussi comme une afropéenne puisqu’elle est née et a grandi en Europe. C’est sans doute cette énorme richesse culturelle qui en fait une personnalité unique et touche à tout, qui navigue entre des espaces, des univers et des métiers différents, avec une aisance et une adaptabilité qui forcent l’admiration.

Vous êtes animatrice, entrepreneur, activiste et socio-anthropologue de formation. Pouvez-vous nous raconter précisément quelles actions vous menez dans chacun de ces domaines ?

En tant que socio-anthropologue, je suis conférencière au niveau européen et international. Je travaille essentiellement sur les représentations identitaires noires et sur les femmes afro-descendantes. A ce titre, je me suis spécialisée sur le rapport au corps chez les personnes afro-descendantes : la dépigmentation volontaire, le défrisage/le cheveux crépu, la mode, les différents types de créativités, leurs enjeux socio-identitaires et historiques, mais également le rôle que tout cela joue dans la reconstruction de l’image des afro-descendants.

A côté de ça, je suis consultante en communication événementielle et digitale, et je donne des cours, tant en communication qu’en socio-anthropologie. Partager mon expérience et mon savoir-faire est très important pour moi.

Ma mère, Cerina de Rosen,  a fondé en 2011 l’Ethno Tendance Fashion Week Brussels. Je suis co-organisatrice de cet événement et je m’occupe notamment de  la programmation et des relations publiques. Cet événement regroupe un public très large. Nous mettons en avant différents acteurs du monde de la mode, de la beauté, de la culture qui ont cet ancrage identitaire afro-descendant. C’est un projet inclusif, à dimension multiculturelle et internationale. Sur l’Ethno Tendance Fashion Week Brussels, nous avons des mannequins de toutes sortes, de toutes morphologies, de toutes origines, des mannequins handicapés, des mannequins albinos … Nous sommes très ouverts, et estimons que toutes les créativités se valent.

J’ai également lancé l’Afro Women Voice Talk, qui est une rencontre pour les femmes. Le but est de mettre en avant des figures et des rôles modèles féminins auprès d’autres femmes, afin qu’elles puissent s’inspirer et avoir des exemples pour emprunter des voies professionnelles, s’enrichir et se nourrir des réussites et des échecs des autres.

Je ne saurais oublier d’évoquer mon engagement activiste. Je suis afro-féministe, et j’ai fondé le premier collectif afro-féministe belge, Mwanamke. Mwanamke signifie « Femmes » en swahili. Au sein du collectif, nous réfléchissons entre autres sur l’auto-détermination des femmes africaines et sur la manière de se réapproprier notre identité.

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