WIZALL – L’INCLUSION FINANCIÈRE POUR TOUS

C’est l’histoire d’un jeune africain issu de la diaspora comme on en rencontre de plus en plus sur le continent. Après un Master 2 obtenu dans une école de commerce parisienne, Ken KAKENA, puisqu’il s’agit de lui, décide de retourner sur la terre de ses ancêtres après 23 années passées en France. « Le retour en Afrique était un projet important pour moi. C’est pour cela que j’ai décidé de quitter la France et de m’installer en Côte d’Ivoire ». C’est en 2013 qu’il rejoint alors un cabinet de conseil où il exerce en tant que consultant en management et en services financiers digitaux. Après un peu plus d’un an il décide alors de créer Wizall avec Sébastien Vetter, un de ses anciens patrons qui est aujourd’hui son associé.

Wizall – L’origine

D’après le dernier rapport de la banque mondiale, 48 Milliards de dollars ont été envoyés sur le continent Africain, soit deux milliards de plus que l’année précédente. Cependant, les frais relatifs aux envois sont très élevés. Pour un envoi de 200 dollars, les frais s’élèvent en moyenne à 7% dans le reste du monde, 5% à destination de l’Asie, et 9,3% à destination de l’Afrique. Cette hétérogénéité est encore plus importante d’une région à l’autre. Entre deux pays d’Afrique Australe, les frais pour un envoi de 200$ peuvent aller jusqu’à 22% alors qu’en Afrique de l’ouest, ceux-ci sont plus modestes et s’établissent à 5%. C’est conscient de toutes ces disparités que Ken KAKENA pense à une solution « J’ai vécu cela comme une injustice, et j’avoue que sur le moment je me suis dit que la solution pour réduire les frais n’était pas forcément inaccessible et qu’on pouvait commencer à faire quelque chose ne serait-ce qu’à l’échelle du pays dans lequel je vivais à l’époque ». Il commence alors à s’intéresser au Mobile Money, qui selon une étude du Boston Consulting Group génèrera des revenus supérieurs à 1,5 Miiliards de dollars à la fin de l’année 2019.

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Wizall ou le Mobile Money pour tous

En Afrique, le taux de bancarisation est passé de 5,7% à 15,7%. Même si ce taux a été multiplié par trois, il convient de noter que l’attrait pour les institutions bancaires traditionnelles n’est pas aussi rapide que l’adhésion au Mobile Money. Avec plus de 277 millions de comptes mobile money, l’Afrique a une carte à jouer quant à l’inclusion financière des populations non bancarisées. Et ça Ken KAKENA l’a bien compris et par conséquent, a élargi sa typologie d’utilisateurs en décidant de ne pas se concentrer que sur les particuliers, mais aussi sur les professionnels. Comme il le dit si bien « Wizall est une plateforme sur laquelle nos utilisateurs qui sont des entreprises, des privés, des gouvernements peuvent effectuer des paiements qui sont adossés à de la Monnaie électronique. Nous pouvons ainsi payer des personnes qui ne sont pas dans le circuit bancaire ». Solution de paiement B2B2C, Wizall se veut être une solution de transfert d’argent hybride adaptée aux besoins de ses utilisateurs diversifiés.
Bien que très populaire, le paiement mobile en Afrique connait certains freins. D’abord les portefeuilles électroniques ouverts à travers les opérateurs de téléphonie mobile ne permettent de faire des transferts d’argent que dans le même réseau. En d’autres termes, il est impossible de faire un transfert d’argent orange money vers un numéro MTN. Et même si malgré cette contrainte les services de paiement mobile ont connu une belle expansion, le coût des transactions reste tout de même élevé. Quant aux banques traditionnelles qui ont souhaité offrir des services de mobiles money, elles sont limitées par le nombre de leurs agences qui pour le cas du Sénégal, sont difficilement supérieures à 60 dans le pays pour une banque donnée. Suite à ce deuxième constat, Ken KAKENA décide alors de lancer le portefeuille électronique au sein duquel tout le monde se retrouve : « Notre offre est inclusive parce qu’il est possible d’avoir un portefeuille électronique et de transférer de l’argent à toute personne quel que soit son opérateur mobile. De plus nous sommes moins chers que nos concurrents parce que toutes les opérations au sein du portefeuille sont gratuites, seuls les dépôts sont payants. Enfin, notre offre est orientée vers les entreprises de sorte que celles qui emploient du personnel non-bancarisé puissent payer les salaires facilement à travers notre solution gratuite pour le bénéficiaire quelque soit son opérateur».

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L’expansion

Et la niche a été bien trouvée ! Pour preuve, le chiffre d’affaires de la jeune pousse du mobile money a été multiplié par 4 en deux ans, dépassant aujourd’hui le million d’euros. Alors que 200 000 euros étaient en circulation sur la plateforme en 2015, aujourd’hui ce ne sont pas moins de 60 millions d’euros qui transitent chez Wizall. Pour soutenir cette croissance, il était donc nécessaire de multiplier le nombre d’employés par 10 en deux ans. D’abord disponible au Sénégal où son expansion a été rapide, Wizall voit plus grand : «En plus du Sénégal, nous souhaitons accroitre notre activité au Burkina, en Côte d’Ivoire et au Mali. Ce sont des filiales qui ont été ouvertes cette année. De ce fait, la maîtrise de notre activité dans ces trois pays est primordiale. Ensuite, nous souhaitons développer notre offre de services car nous souhaitons aller plus loin que les options d’ouverture de compte et de paiement à travers notre plateforme », confie Ken KAKENA.
Afin de rendre sa plateforme accessible au plus grand nombre, Wizall a su s’entourer de partenaires de choix tels que TOTAL qui a participé à la première levée de fonds à hauteur de 3 Millions d’euros, ou comme BCP qui a pris une participation majoritaire au capital de la jeune pousse. Comme le dit Ken Kakena, « A travers cette prise de participation, Wizall devient un accélérateur de l’inclusion financière en Afrique, notamment au niveau des zones rurales du continent ». Wizall travaille aussi avec des partenaires tels que les agrégateurs de paiement InTouch et ATPS. Ken KAKENA mentionne d’ailleurs, « ATPS apporte une vraie valeur ajoutée sur la partie de la distribution car avec eux nous développons des points de service adaptés à des entreprises implantées en zone rurale » . De plus, la start-up panafricaine est adossée à des banques partenaires pour l’émission de sa monnaie électronique. Elle a alors choisi la Banque Atlantique pour la Côte d’Ivoire, le Mali, et le Burkina Faso. Au Sénégal, pays d’où la start-up tire la majorité de son chiffre d’affaires, elle travaille à la fois avec EcoBank et la Banque Atlantique.
A court terme, l’objectif de la plateforme tient en une phrase « établir notre leadership sur les secteurs dits informels comme les secteurs agricoles et miniers, qui emploient des personnes qui sont quasiment exclues du système financier formel « . Cette ambition a d’ailleurs été récompensée par la République Démocratique du Congo, qui a décerné à Ken KAKENA le prix Makutano du Rayonnement de la RDC à l’international le 7 Septembre dernier. Preuve que la pertinence du modèle de Wizall en faveur de l’inclusion financière est reconnue et également attendue en Afrique centrale.

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