SAFEBODA, LA MOTO-TAXI SÛRE

SafeBoda Drivers. Source: safeboda.com

On les appelle bend-skin (en rapport avec la position courbée qu’ils obligent à adopter) au Cameroun, zemidjan (emmène-moi vite en fon) au Togo et au Bénin ou encore Boda-Boda (Border to border, frontière à frontière) en Ouganda et au Kenya. Les moto-taxis ont réussi à s’imposer comme l’un des moyens de transport les plus utilisés en Afrique Subsaharienne. Très souvent décriés pour l’absence de casques et le peu de sécurité dû aux pratiques dangereuses des conducteurs qui respectent peu le code de la route, les moto-taxis tentent de s’organiser et d’offrir une meilleure image. En Ouganda, SafeBoda, créée en 2014 est une opération qui  permet de réserver un moto-taxi et assure un trajet sécurisé aux utilisateurs.

Les boda-boda ont fait leur apparition après les indépendances. Elles permettaient de faire la traversée de frontière à frontière entre l’Ouganda et le Kenya d’où leur nom. Les boda-boda sont devenus avec le temps l’un des moyens de transport privilégiés des Ougandais et en particulier des Kampalais . Bien qu’ils permettent de se rendre rapidement d’un lieu à un autre et d’éviter les embouteillages, les moto-taxis sont responsables de la plupart des accidents mortels sur les routes ougandaises. En effet, selon une étude menée par l’hôpital national de Mulago et l’université de Makere à Kampala en 2010, 40% des traumatismes traités dans cet hôpital sont causés par des chauffeurs de moto. Très peu, parmi ces chauffeurs sont formés, ils sont difficilement visibles sur la route (car allant trop vite) et prennent des risques énormes en slalomant entre les voitures.

Ricky Rapa Thomson, un des fondateurs de SafeBoda est lui-même conducteur de moto-taxi. Pendant quatre ans, il faisait visiter la ville en moto à des clients. C’est par l’intermédiaire d’un de ces clients qu’il rencontre Alistair Sussock, un jeune Belge spécialiste en développement économique et entreprenariat social. Grâce à son nouveau partenaire et à l’entreprise rwandaise spécialisée en technologie Hehe labs, il développe SafeBoda. Son but est de rendre les boda-boda sûrs et de combattre leur mauvaise réputation.

En échange d’une somme de 10.000 shillings rwandais (environ 3€) par semaine, les conducteurs se voient remettre un téléphone portable, un gilet de sécurité orange et deux casques. SafeBoda propose aussi des formations de conduite et de premier secours à ses conducteurs pour limiter le nombre d’accidents et leur permettre d’avoir les bons réflexes. L’entreprise compte aujourd’hui une centaine de boda-boda enregistrés que l’on peut localiser et commander par mobile.

L’initiative SafeBoda pourrait en inspirer d’autres. Les moto-taxis sont causes de bien des soucis dans la plupart des métropoles d’Afrique subsaharienne. Il est difficile de maîtriser leur expansion ou même de légiférer sur le sujet. Certains pays ayant imposé le port du casque ont vu la mesure rejetée par les utilisateurs qu’ils tentaient de protéger. Loin d’être simplement un « Uber à l’africaine », c’est un moyen original de donner un cadre à la profession de moto-taxi tout en assurant la sécurité de tous.

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