JASON NJOKU – « LA PARFAITE CONNAISSANCE DU MARCHE ET L’USAGE DES OUTILS LOCAUX SONT LES MOYENS LES PLUS EFFICACES POUR DEVELOPPER CE CONTINENT »

Jason Njoku annonce le lancement de sa chaîne ROK sur SKY

Tout fan de Nollywood qui se respecte connaît et consomme IROKOtv, l’une des premières plateformes de distribution de contenus africains en ligne, spécialisée dans la distribution des contenus nigérians. Jason Njoku, à sa tête, va révolutionner le marché du divertissement nigérian en 2011 avec une idée simple : mettre en ligne des contenus Nollywood qu’il est à l’époque difficile de trouver (notamment pour la diaspora), car uniquement distribués en CD au Nigéria. Le succès est immédiat. En 2012, la compagnie enregistrait déjà plus de 500 000 abonnés au compteur. Après le succès auprès de la diaspora, Jason Njoku installe l’activité en Afrique avec une stratégie simple : s’adapter le plus possible aux usages et aux réalités du marché. Ainsi en 2015, IROKOtv passe de plateforme web à application mobile. L’année d’après, l’entreprise s’associe à CANAL+ pour lancer IROKO+, le pendant francophone de IROKOtv, exclusivement sur mobile et en français. IROKOtv, c’est une croissance de 78% entre début 2017 et début 2018, et une projection de +150% de nouveaux abonnés d’ici la fin de l’année. Preuve que les gens se sont accommodés à regarder le cinéma et la télévision sur mobile, ce qui n’aurait pas forcément été une évidence il y’a 10 ans. Avec IROKO, maison mère de IROKOtv, Jason Njoku est présent dans la filière divertissement d’amont en aval : il crée, produit, édite et distribue du contenu nigérian à destination de l’Afrique et de sa diaspora. La boucle est bouclée !

Vous avez échoué 11 fois avant le succès de IROKOtv. Comment on reste motivé après tout ça ?
J’ai passé les 5 premières années de ma carrière à échouer tout ce que j’entreprenais. Je suis juste parti du principe que je pouvais pas faire pire. Je savais aussi au fond de moi que j’étais incapable de travailler pour quelqu’un d’autre. Pour finir, j’ai toujours été un bosseur. Sans prétention, je ne connais personne dans mon entourage qui ait mis autant de détermination et de hargne que moi à entreprendre. J’étais obligé de continuer, et de redoubler d’efforts.

Savez-vous combien votre pays investit dans le cinéma ?

Vous avez été très controversé, notamment concernant vos différents avec certains « anciens » de l’industrie. Comment avez-vous réussi à gérer cela ?
Je ne connais pas un seuI entrepreneur ou homme d’affaires qui soit parti de rien et qui ait réussi sans avoir fait face, à un moment donné de sa carrière, à de violentes critiques. En affaires, il est impossible de prendre la bonne décision tous les jours, à tout moment. Quand nous lancions IROKOtv, nous n’avions pas d’exemples à suivre. Nous étions les premiers à digitaliser et à monétiser les contenus Nollywood.  Cette position a été un avantage sur bien des aspects. Mais elle impliquait aussi qu’on ne pouvait pas apprendre des erreurs des autres. On a du faire ces erreurs nous-mêmes, et apprendre sur le tas. Et c’est l’une des choses qui nous différencie de la concurrence. Nous sommes prompts à tirer des enseignements de ce qui n’a pas marché et de nous en servir pour améliorer notre service. En ce qui concerne ma manière de gérer les controverses, elle est très simple : je n’y accorde pas d’importance et je me concentre sur ce que j’ai à faire. Je suis chanceux d’être entouré de mentors et d’entrepreneurs respectables vers qui je me tourne quand j’ai besoin de conseils. J’apprécie leurs points de vue et leurs inputs, même si parfois ils me disent ce que je n’ai pas envie d’entendre.

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