FLORELLE MANDA : J’ai accepté de faire partie du Conseil Présidentiel pour l’Afrique parce qu’il y’a une forte volonté de valoriser désormais les diasporas Africaines.

Vous ne la connaissez peut-être pas. Pourtant, ça fait un moment qu’elle tisse sa toile dans le monde des médias en France. De ses débuts chez Trace TV, en passant par Fun Radio, Tropic FM et désormais RFI et France 3, elle a donné du sens à sa passion en la mettant au service de la valorisation des talents noirs. Florelle Manda, 40 ans, Française d’origine Congolaise et Sénégalaise, est une personnalité solaire qui est une source d’inspiration de part sa patience, sa détermination et sa bienveillance.  

Bonjour Florelle, peux-tu nous résumer ta carrière ?
Je suis Florelle Manda, journaliste et chroniqueuse TV et radio. Je suis en ce moment à l’antenne sur France 3 dans l’émission les TEMOINS D’OUTRE MER avec une chronique sur les femmes qui s’appelle NOUS LES FEMMES. Je suis également sur RFI à travers 3 émissions : COULEURS TROPICALES, produite et animée par Claudy Siar depuis 25 ans et VOUS M’EN DIREZ DES NOUVELLES, qui est une émission culturelle. Je fais des chroniques dans ces 2 émissions. Je remplace également de temps en temps Emmanuelle Bastide sur l’émission 7 MILLIARDS DE VOISINS.
J’ai fait études de journalisme, j’ai démarré comme programmatrice musicale chez Trace TV, puis, grâce à une discussion avec Fred Musa de Planète Rap, j’ai débuté la radio. Il m’a encouragé à le faire, il trouvait que j’avais une voix singulière. Je suis passée par Fun Radio, et Tropic FM pour ne citer que celles-là. Et puis en même temps j’ai commencé en TV. Je fais ce métier depuis un peu moins de 15 ans.

Que signifie pour toi être une femme africaine dans les médias ?
Être une femme dans ce métier ça signifie beaucoup pour moi, mais là tout de suite j’ai envie de dire que quand on veut quelque chose, il faut s’en donner les moyens. C’est vrai que c’est un monde d’hommes, mais il y’a de plus en plus de choses qui ont été mises en place pour que les femmes aient plus de responsabilités dans ces métiers-là. Désormais en TV, il y’a de plus en plus de femmes qui animent et produisent des émissions. Je trouve que c’est de bon augure, ça donne de l’espoir et ça montre que nous pouvons leader, nous pouvons emmener un autre point de vue sur le monde dans lequel on est. Car c’est ça aussi travailler dans les médias : porter un regard sur le monde qui nous entoure. C’est plutôt chouette de voir que progressivement, les femmes apportent une autre sensibilité, une autre vibe sur le devant de la scène…
Et en tant que femme Africaine c’est d’autant plus intéressant parce qu’on fait ce métier en apportant notre identité. Ce qui nous pousse à partager notre culture avec les autres, à la faire découvrir. Ça devient un échange, puisque les autres viennent aussi avec leur background identitaire.
Je suis plutôt fière de faire partie de ce monde des médias qui est riche, souvent compliqué, mais hyper passionnant et gratifiant. On donne beaucoup de soi, mais toujours avec une certaine forme d’altruisme et beaucoup de bienveillance. En tout cas, c’est comme ça que je le conçois.

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Quelle est ta lecture du paysage médiatique français aujourd’hui ?
Le monde des médias en France n’a pas beaucoup évolué. Disons qu’il évolue lentement, en comparaison avec ce qui se passe ailleurs, notamment chez les anglo-saxons. Comme je l’ai dit précédemment, il faut reconnaître qu’il y’a de plus en plus de femmes dans les médias. Cela a été imposé au travers de quotas. Néanmoins, quand il s’agit de représenter différentes communautés, il y’a encore des progrès à faire. On a encore le sentiment que demander une meilleure représentation des diverses origines ethniques et sociales équivaut à demander la lune, alors qu’il faut simplement avoir le courage de faire les choses. La télévision devrait être le reflet de notre société française, et elle ne l’est pas encore. C’est très dommage, parce que les personnes qui ne se voient pas dans les médias ont l’impression de ne pas exister, de ne pas compter.

Quel conseil donnerais-tu à un.e jeune africain.e qui souhaiterait se lancer dans les médias en France ?
Avant de lui donner un conseil je lui dirais déjà que c’est un métier passionnant, mais c’est un métier où il y’a beaucoup d’appelés et peu d’élus. C’est une course de fond, où il ne faut rien lâcher, si c’est vraiment ce qu’on a envie de faire. Il faut s’accrocher pendant les moments difficiles. Les gens ne s’en rendent peut-être pas compte, mais le métier de journaliste est bien souvent un métier précaire.
Au-delà de ça, je lui conseillerais de faire ce métier avec son cœur et son authenticité. La meilleure façon d’évoluer c’est d’apporter de soi, d’être bienveillant avec les gens, de s’écouter. Ne pas négliger également les conseils des anciens, ceux qui sont dans le cœur du réacteur depuis un moment déjà.

En marge de toutes tes activités tu es aussi la rédactrice en chef de Y’Africa. Peux-tu nous en dire plus ?
Y’Africa est une série documentaire de 13 épisodes de 26 minutes chacun. Elle est diffusée depuis début Février dans 10 pays Africains et sera diffusée à l’international dès le mois de Juin.
Chaque épisode présente 3 artistes qui font la culture africaine aujourd’hui. Ils parlent de leur art, de leur génération, de leur pays, et du monde qui les entoure. Ils viennent des 4 coins du continent. La série est co-produite par Orange et Fame Productions. J’ai été contactée par Emmanuel Ruez, le producteur, parce qu’il sait que je voyage sur le continent Africain et que j’y ai un réseau de connaissances. Mon travail a été de sélectionner les différents artistes qui sont dans ce documentaire. La difficulté a été d’avoir des informations sur les artistes. Certains n’ont pas de site internet, où ne sont pas présents sur les réseaux sociaux. Il m’est arrivée de parler avec certains afin d’écrire leur biographie moi-même. C’était une grande fierté et c’était gratifiant d’avoir leur confiance. Petite frustration, je n’ai pas pu participer aux tournages car en cette période, j’étais à l’antenne tous les jours sur France O. Mais j’ai pu compter sur leurs mots gentils que je recevais  à la fin de chaque de tournage.
C’est une belle aventure que j’ai aimé vivre. Sur Y’Africa on voit l’Afrique que je connais, que j’aime, celle où j’ai vécu pendant ma petite enfance, et que j’ai découvert aussi au gré de mes voyages. Elle est belle, pleine d’espoir, authentique et sincère.

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Au fil de tes chroniques radios et TV tu t’attelles à valoriser les succès stories afro-caribéennes. Cela t’a valu d’être sollicitée par le conseil présidentiel pour l’Afrique (CPA) en France. Quel rôle y joues-tu ?
J’ai accepté de faire partie du CPA parce qu’il y’a une forte volonté de valoriser désormais les diasporas Africaines. Je souhaite apporter ma pierre à l’édifice. Mon rôle est de trouver des solutions pour améliorer la visibilité des diasporas en France notamment dans les médias. Ces propositions sont soumises au président Emmanuel Macron qui les écoute et qui les appliquent autant que faire se peu. Nous sommes plusieurs à le faire et nous le faisons de manière humble, en apprenant tous les jours. Je précise aussi qu’il ne s’agit pas d’une institution étatique. Nous sommes tous bénévoles. Nous faisons partie de la société civile et la représentons.

Tu es donc un porte-parole pour les diasporas africaines. Comment pouvons-nous t’aider à mener au mieux ta mission.
J’adore cette question ! Elle est très importante. La notion de solidarité pour nous les afro descendant est clé, et on dit souvent qu’elle nous fait défaut. Pour faire bouger les lignes, il faut être soudés et avoir différents points de vue. Je ne pense pas que les choses pourront avancer avec le plus grand nombre. Mais si on est déjà une majorité à échanger c’est une victoire. Donc oui, j’aime cette question.
Pour m’aider il faut tout simplement me contacter, via les réseaux sociaux par exemple. Me présenter des initiatives et des porteurs de projets.

Florelle Manda dans 10 ans ça donne quoi ?
Toujours dans les médias, une voix qui porte, une voix influente, une icône noire des médias, toujours entre la France et l’Afrique, valorisant et célébrant les afro-descendants dans le monde.
Continuer de faire ce métier en étant maman, mariée, épanouie et produire du contenu pertinent. Et rendre ce qu’on m’a donné. Pourquoi pas une fondation ?

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