Tout sur les chroniques africaines sur Facebook

Akissi, Les Chroniques de Myss, Les péripéties de Louise, Rubis,  Les Histoires d’Aimée, La Vie Trépidante de Noëlla et Les Siens… En 2013, elles sont nombreuses (ce sont très souvent des femmes) à écrire sur Facebook. Gabonaises, Congolaises, Ivoiriennes, ou Sénégalaises, elles racontent des histoires fictives ou non, des histoires dans lesquelles des africaines se reconnaissent parce que ça aurait pu arriver dans leur environnement. Un nouveau type de littérature aux allures de série télévisée. Des chapitres délivrés au compte-goutte selon l’emploi du temps de la chroniqueuse. Des lectrices fidèles attendant les nouveaux « épisodes » comme on attend aujourd’hui le nouvel épisode de Game of Thrones.

Les chroniques Facebook sont écrites par des passionnés de lecture, qui se cachent derrière des pseudos la plupart du temps. La particularité de ces écrivains en herbe est qu’ils relatent des histoires du quotidien. Aucune restriction dans l’écriture, des scènes parfois osées, des incursions dans les milieux occultes, des histoires d’amour passionnelles, beaucoup de leçons de vie. Certaines de ces pages comptent plus de 10.000 abonnés qui lisent gratuitement les feuilletons et commentent de manière quasi instantanée. Les chroniqueurs vivent de cette communauté qui les encourage. Des hommes, des femmes, des jeunes, des moins jeunes, le public des chroniques est vaste.

Ce phénomène a cependant connu ses difficultés. L’impossibilité de régir les droits d’auteurs pour de telles œuvres est vite devenue un frein pour les écrivains en herbe qui voyaient très souvent leurs chapitres plagiés et partagés sur d’autres plateformes. La politique de gestion des pages Facebook a limité le nombre de personnes qui voyaient ces chroniques apparaître sur leur fil d’actualité. Des plateformes indépendantes comme Muswada ou Sunubiir sont apparues pour permettre aux chroniqueurs de partager gratuitement ou non les œuvres de leur esprit. Surfant sur la popularité des e-books, la startup Kusoma Group se donne pour mission d’éditer et de publier les histoires africaines en format papier ou numérique pour les distribuer au monde entier.

 

La rédaction vous offre une petite sélection d’œuvres, dédiées aux amoureux de lectures africaines.

 

Vaudace tome II, Leila Marmelade, 2017 (Kusoma Group)

Leila Marmelade est une chroniqueuse gabonaise qui raconte les histoires de femmes fortes. Vaudace en est une. Comment ça vous n’avez pas lu le tome I ? Dans le tome I qui a été publié sur Facebook avant d’être édité par Kusoma, l’héroïne se bat pour atteindre ses rêves tout en rencontrant l’homme de sa vie. Dans le tome II, tout est remis en question et Vaudace se lance dans une enquête. Leila Marmelade, c’est beaucoup de « woman empowerment », [1]des romances qui ne finissent pas toujours bien, et depuis peu, un amour pour les romans policiers. Leila a un site internet où vous pouvez retrouver toutes ces histoires.

Une réponse du ciel de Dschang, Sandra B, 2015 (Amazon)

Une histoire d’amour dans une ville de l’Ouest Cameroun. Un français teinté d’expressions locales camerounaises. Sandra B. écrit les Chroniques d’une rencontre dangereuse sur Facebook. Elle se fait appeler affectueusement Chrochro par ses lecteurs et organisent des séances dédicaces. Elle s’auto-publie en version papier et PDF.

Monsieur le président, Rebbeil, 2016 (Wattpad)

Les coulisses de la vie d’un président. Vous êtes-vous déjà demandés qui étaient en privé ces hommes qui dirigent et parfois terrorisent tout un peuple ? Rebbeil nous emmène dans les coulisses.

Dans le ventre de la nuit, Alban Afène, 2017 (Amazon)

Au cœur de la bourgeoisie gabonaise, on découvre les liens très souvent compliqués entre modernité et tradition. Dans le milieu de l’occulte, dans le ventre de la nuit, rien n’est pareil. Sceptiques et peureux, s’abstenir.

[1] Émancipation de la femme

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