Sommet Mondial de l’Entrepreunariat 2015 : Jambo bwana* OBAMA

Credit Photo Cliff Howen

« Celui qui ne sait pas d’où il vient ne peut savoir où il va. »** L’aphorisme serait presque de circonstance à l’approche du 5ème déplacement d’Etat du Président Barack OBAMA en terres africaines.

En effet, le Gouvernement de la République du Kenya a accepté de co-organiser; avec les Etats-Unis d’Amérique; la 6ème édition du Sommet Mondial de l’Entrepreunariat (GES), qui se tiendra les 25 et 26 juillet 2015 à Naïrobi. Symbole fort de l’affection refoulée du Président américain pour la terre de ses ancêtres ou signe évident du regard nouveau des Etats-Unis sur l’Afrique? Toujours est-il que cette première édition du sommet en Afrique sub-saharienne semble justifier à elle toute seule le déplacement exceptionnel ; son 1er séjour d’Etat dans le  pays depuis son investiture en janvier 2009; du « fils prodige » de la Jamhuri Ya Kenya***.

Dans la hotte de l’homme fort du monde occidental il y aura certes des réminiscences d’un pays avec lequel il n’a jamais vraiment coupé les ponts; il y a encore de la famille paternelle et sa dernière visite remonte à 2006 lorsqu’il n’était encore que sénateur de l’Illinois; mais aussi et surtout des réunions bilatérales, des accords à signer, des investisseurs et des investissements dont le Kenya et le continent Africain tireront bénéfice à coup sûr.

La Grand’Messe de l’entreprenariat mondial       

Le GES est une initiative annuelle de la Maison Blanche depuis 2009, dont la tenue est itinérante. A chaque édition, il ambitionne de présenter le dynamisme du pays hôte et d’y renforcer les infrastructures entrepreneuriales. Mais c’est aussi l’opportunité de cadrer avec l’image d’un Monde multipolaire, en ciblant les pays du globe sinon émergents, du moins prometteurs.

En six (06) éditions, il est devenu une plateforme incontournable du monde des affaires. Il émane de la volonté du Président américain et de son administration de hisser l’entreprenariat au pinacle des priorités de son pays et de ses échanges avec le monde. C’est à dessein que le secrétaire d’Etat John Kerry s’exprimait en ces termes lors de l’édition 2014 de Marrakech: « Les États-Unis ont appris de par leur propre expérience que l’entrepreneuriat est un moteur essentiel de la prospérité et de la liberté. »

Le Sommet Mondial de l’Entreprenariat vise donc à mettre en contact des jeunes entrepreneurs avec des dirigeants du monde des affaires, d’organisations internationales et de gouvernements qui veulent les soutenir. Il rassemble des hommes politiques, des diplomates, des chefs d’entreprises, des femmes et hommes d’affaires, des représentants de fonds d’investissement, d’institutions financières, d’ONG, d’universités et plus encore. Tous prennent part à deux journées de séances plénières, de sessions interactives et de rencontres B to B, afin de créer des réseaux pour trouver des solutions à des problèmes locaux, engendrer de la croissance économique et favoriser les échanges d’idées favorables  à l’amélioration de l’écosystème entrepreneurial.
Après des éditions probantes à Washington D.C en 2010, puis en Turquie, aux Emirats Arabes-Unis et en Malaisie, l’édition du Maroc en 2014 affiche un bilan élogieux. Y ont ainsi participé: des chefs d’Etat et des représentants gouvernementaux; dont les Présidents du Gabon et de la Guinée ainsi que le Vice-président américain Joe Biden; 3000 entrepreneurs, 58 partenaires; dont Microsoft, Coca-Cola ou le Wall Street Journal: 6800 participants en provenance de 95 pays; 194 intervenants; 405 journalistes représentants 300 organes médiatiques locaux et internationaux; 9 conventions signées entre des grandes compagnies et des PME; et des travaux suivis par 22 millions d’internautes.

Les nouveaux enjeux de la collaboration Afrique – Etats-Unis d’Amérique

Plus singulièrement, le Sommet Mondial de l’Entreprenariat de Naïrobi apparaît clairement comme un énième clin d’œil des Etats-Unis au continent africain.

Le choix du Kenya n’est pas fortuit, tant le pays représente  à lui tout seul les espoirs et les faiblesses du continent. D’abord c’est la locomotive économique de l’Afrique de l’Est. Avec une croissance estimée à 6% pour l’année 2015; les projections sont de 6.6% en 2016 et de 7% en 2017; elle surpasse les 4.4% de croissance moyenne en Afrique subsaharienne prévus par la Banque mondiale. De plus, le Kenya est devenu un pays à revenu intermédiaire depuis 2014.

Le GES 2015 mettra donc en exergue la vivacité du pays, mais c’est aussi la suite du Sommet Etats-Unis – Afrique d’août 2014, qui avait réuni une cinquantaine de chefs d’Etats africains autour du Président Barack Obama sous le thème évocateur: « Investir dans la nouvelle génération ». L’évènement; premier du genre pour les Etats-Unis; avait fait progresser les priorités du gouvernement américain accordées au commerce et aux investissements en Afrique. Il avait ainsi permis de dégager une enveloppe de 33 milliards de dollars de promesses d’investissement pour le continent, secteurs public et privés confondus, soient: 7 milliards du gouvernement américain pour le développement des échanges commerciaux; 14 milliards d’accords de la part du secteur privé; et 12 milliards pour l’initiative Power Africa****, visant à améliorer l’approvisionnement électrique en Afrique, et dont le Kenya est un des six pays désignés pour la première phase du programme.

La Sécurité sera aussi un des sujets de préoccupations de la visite. La nation est-africaine est l’un des plus grands bénéficiaire du soutien militaire américain face au groupe terroristes qui attaquent la région. Alors que le compte à rebours de l’arrivée du Président américain est lancé, le peuple kenyan a encore fortement à l’esprit les massacres de Garissa en avril dernier qui ont coûté la vie à 147 personnes. L’émotion, aussi vive qu’au premier jour, meurtri encore  les familles des victimes comme le peuple kenyan et africain, pour lesquels aucun hommage ne sera de trop.

Les attentes autour de cette visite historique n’en seront que plus grandes et il nous tarde qu’elle porte ses fruits pour qu’il soit répété en coeur: Hakuna Matata*****.

                                                                                                                                                                     Louis Gilbert Bissek

* Hello Mr Obama

**Antonio Gramsci

*** République du Kenya en swahili

**** Lancé en 2013 par Barack Obama, le projet vise à doubler l’accès à l’électricité en Afrique en 2018 et d’approvisionner 60 millions de foyers et les entreprises. Le programme est doté de 26 milliards de dollars.

*****Expression swahili signifiant « il n’y a pas de problème »

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