Savez-vous nouer votre foulard ?

La collection de foulards de luxe de la marque FanmDjanm

La question peut paraître anodine. Tout le monde sait faire un nœud, alors, ça ne doit pas être très compliqué d’attacher un foulard. Et pourtant… Pratiqué depuis longtemps par les femmes africaines, l’attaché de foulard est depuis quelque temps une véritable mode. Il ne suffit pas de faire des oreilles de lapin et de faire passer le bout dans la boucle comme pour les lacets. C’est tout un art. Longtemps délaissé par les jeunes générations, la mode actuelle a redonné ses lettres de noblesse au port de la couronne en tissu. Appelé “maré têt” chez les caribéennes, “moussoro” chez les Bambaras du Mali, ou encore “gele” chez les Yorubas du Nigéria, le foulard et son attaché revêtent une véritable symbolique.

Le foulard dans l’histoire

Photos de Laurence Wavreille, pour Oser Le Foulard

Au Mali, le foulard servait à protéger les cheveux contre les intempéries. En plus de ce rôle, c’était une arme de séduction. Les femmes rivalisaient d’adresse et de créativité pour le plus grand plaisir des maris. Chez les Bambara, les jeunes mariées se démarquaient des autres par leur attaché de “moussoro”. L’initiation à cet art et l’utilisation du foulard faisaient partie du rite du mariage. C’était pareil chez les Soninké où la mariée était reconnaissable à son “Nbissoro”. Des couleurs spéciales de foulard étaient attribuées pour le veuvage. Si chaque ethnie attribue une signification différente pour chaque foulard, le point commun est l’expression de la féminité. Le foulard servait même de communication dans le couple. Apprendre à attacher son foulard pour signifier un mécontentement et apprendre à déchiffrer les attachés faisaient partie de l’apprentissage du nouveau couple. Avec l’arrivée de l’Islam, le foulard a perdu un peu de sa majestuosité, chaque femme étant tenue de se couvrir sobrement la tête.

Les carrés de soie de la marque Udjuwa allient cultures française et swahili

On a tous été émerveillés par les foulards des clips nigérians. Dans la sous-région, les tenues traditionnelles des mariées se rapprochent de plus en plus de celles des Yoruba. On a (re)découvert les gele avec les vidéos de mariage des Nigérians, mais ce foulard particulier est commun à tous les peuples Yoruba que l’on retrouve également au Bénin, au Togo et au Ghana. Il est généralement fabriqué en Damask, Aso-Oke, Hayes ou Brocade, des matières rigides qui lui permettent de garder sa forme si particulière. En dehors de l’attaché de gele ordinaire, il existe des variantes modernes qui portent des noms particuliers comme “Super Jubilé” ou encore “Grand Suissel”. Le gele complète la tenue traditionnelle et ne pas le mettre serait considéré comme une faute de goût. Autrefois, on reconnaissait le statut marital d’une femme à la pointe de son gele; pointe à gauche pour les célibataires et à droite pour les mariées. Plus il était élevé et large, plus il sublimait le port de tête et était signe d’une position sociale élevée. Il a été un peu abandonné pendant quelques années par la plupart des femmes à cause de la complexité et de la patience que son attaché requiert, pour faire aujourd’hui son plus beau retour.

Lire l’article entier en page 38 de votre magazine

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

+ 65 = 70