Challenge réussi pour le 1er salon dédiée à la beauté noire : Black Beauty Fair

Les équipes de la Black Beauty Fair 2015

La BBF a démarré sur les chapeaux de roues le vendredi 11 septembre dernier au coquet espace Latrille, situé dans la commune chic de Cocody. Une pléthore de marques de la cosmétique des soins de peaux et autres produits et accessoires capillaires ont occupé les stands. Certains espaces étaient boudés par les visiteurs tandis que d’autres ne désemplissaient pas, à l’instar du stand d’une célèbre marque de maquillages posé à l’entrée du salon. Le salon était bien organisé, l’accueil chaleureux, les animateurs des stands actifs sans être agressifs vis-à-vis des visiteurs. Une équipe globalement organisée.

Rencontre avec un exposant

Dans nos déambulations entre fard à joues, mascara, produits capillaires bio, fond de teint et savons hydratant, nous nous sommes retrouvés devant une exposition de perruques tressées aux coupes, couleurs et textures variées, le stand d’Attitude Beauté….

Nous avons approché l’animatrice de ce dernier, Madame Léa Kouassi pour un court entretien.

IA : Pouvez vous nous présenter votre structure ?

Attitude Beauté est un salon de coiffure spécialisé dans la confection de perruques tissées, il s’agit d’une petite entreprise ivoirienne bien décidée à promouvoir la qualité de ses perruques dans tous les salons en lien avec l’esthétique afro en Côte d’Ivoire.

IA : Depuis quand faites vous ce métier ?

Nous faisons ce métier depuis 4 ans dans le domaine des soins capillaires et 2 ans dans la confection de perruques tressées et tissées.

IA : Quelle est la particularité de vos produits ?

Nos perruques sont fabriquées avec des mèches de qualité, elles sont faites à la main ce qui donne un rendu doux et soyeux, elles sont légères et faciles d’entretien. Un coup de laque leur redonnera brillance, enfin nos perruques ne compriment pas la tête une fois portées.

IA : Comment avez-vous découvert la BBF ?

J’ai découvert la BBF par l’intermédiaire d’une amie qui m’a fortement recommandé d’y participer. Nous nous sommes approchés de l’équipe organisatrice de l’événement un peu à la dernière minute. Nous avons dû travailler d’arrache pied pour produire la quantité nécessaire et variée de perruques pour tenir un stand. Le jeu en valait la chandelle car nous ne sommes pas déçues.

IA : Quel est votre objectif en participant à un tel évènement ?

Le but pour Attitude Beauté est d’acquérir une certaine visibilité tant sur la plan local qu’à l’international. Aujourd’hui nous sommes très sollicités par les femmes noires qui vivent à l’étranger car nos perruques présentent un avantage en termes de confort et de coût. Il est parfois difficile pour ces femmes de trouver une coiffeuse capable de tresser leurs cheveux selon les modèles de nos perruques. De plus, ces dernières peuvent être utilisées sur plusieurs années.

IA : Avez-vous été satisfaite de votre premier jour d’exposition ?

Oui, très satisfaite car les premières personnes ayant visité le stand d’Attitude Beauté ont été les animatrices des stands voisins. Le fait que de nombreuses personnes approchent et apprécient la qualité de notre travail a été très encourageant, au-delà de la rentabilité financière. Nous avons aussi décidé de faire une remise de 20% pour tout achat de perruques au stand d’Attitude Beauté.

IA : Un mot pour les organisatrices de la BBF ?

J’aimerai les féliciter encore une fois pour leur belle initiative, leur dire merci pour l’opportunité donnée aux petites structures comme la notre de toucher une autre clientèle. Bon vent à la BBF et vivement les prochaines éditions !

Black Beauty Fair Edition 1

Un évènement qui a tenu ses promesses

Propos entendus à la BBF 

Le conférencier Samuel Mathey :

Quelle nouvelle race d’entrepreneurs pour une industrie cosmétique émergente en Côte d’Ivoire ?

« L’industrie cosmétique mondiale essentiellement dominé par 4 grands groupes, pèsera 217 milliards de dollars en 2017 contre 110 milliards pour le chocolat. A l’échelle nationale, l’implantation sur l’ensemble du territoire est importante car le marché de la cosmétique est encore vaste au-delà des grandes villes. A titre d’exemple, la France compte 300 sociétés fabricantes qui génèrent 54.000 emplois directes et 25.000 emplois indirects. Le marché de la cosmétique s’étend de plus en plus et tente de se spécialiser.

La Côte d’Ivoire n’a pas de statistiques fiables et pourtant le besoin en termes d’industrie cosmétique est très présent. Tant pour les hommes que pour les femmes, le marché est assez grand pour tout le monde. En Côte d’Ivoire, la cosmétique est orientée vers les produits capillaires, et vers ceux qui servent à se dépigmenter la peau. Il y a un mélange de salons professionnels et d’opérateurs individuels.

A propos des cosmétiques :

Quand bien même le circuit de distribution et de service est assez satisfaisant, la recherche est quasi nulle et la fabrication reste traditionnelle. Le conseil est insatisfaisant.

Il ne faut pas considérer les « grands groupes » de l’industrie cosmétiques comme des concurrents, au contraire, le jeune entrepreneur cherchera à grandir plus vite auprès d’eux dans la mesure où ces grandes structures présentent de nombreux avantages en termes de moyens techniques, de distribution, mais aussi de recherche. Cela peut démultiplier la production et amplifier la création d’emplois. »

A propos du secteur de la coiffure :

La technologie est accessible par les services à domicile, via internet… Cependant il faut songer à consigner par écrit l’expertise et partager son expérience.

A propos du marché des accessoires :

Le marché des accessoires est non négligeable, le jeune entrepreneur peut choisir de se focaliser sur un seul accessoire et réussir son entreprise. Il ne faut pas craindre d’innover, ni cesser d’apprendre, pourquoi pas fusionner avec des entrepreneurs d’autres pays ? Il faut savoir identifier le maillon de la chaine de valeurs, prendre conseils et ne pas rester fermés.

Stéphanie Morou, Fondation Metis Insight sur le thème :

Cosmétique en Afrique noire : Comment construire une identité de marque forte ?

« Avec 75% de croissance des ventes de produits de beauté en Afrique, le marché de la cosmétique connait aujourd’hui un bouleversement considérable car le centre de gravité s’est déplacé au sud de la planète. Quand bien même les chiffres en Afrique restent rares,  80% de la population mondiale n’est pas blanche. Le métissage est de plus en plus croissant du fait des mouvements de personnes et d’une certaine sophistication des besoins de beauté. Il existe 45 tons de carnations dans le monde dons 38 de peaux noires, dotées de spécificité dermatologiques qui font d’elles un marché non encore sondé.
L’Afrique noire peut donc profiter de cette aubaine car elle représente 16% de a population mondiale et la plus grande concentration de peau foncée avec 1 milliard d’individus.
Une marque cosmétique qui jouera la carte des origines naturelles et dont la communication comportera des facteurs clés de succès évidents aura toute ses chances. Le marché de la beauté noire a toute sa place sur l’échiquier international. Pour construire une identité de marque forte, il faut agir en cohérence avec son territoire de marque et rechercher les ressorts culturels qui font mouche. Il faut définir la plateforme de marque, la première façon dont structurer le projet, le style, l’ADN du produit, le concept. Placer le client au centre de la création peut être une stratégie gagnante pour l’innovation.

D’autres moments tout aussi enrichissants se sont succédés, faisant de la BBF the place to be pour tout entrepreneur ou aspirant entrepreneur dans l’industrie de la beauté noire.

Plus de 800 visiteurs ont été accueillis tout au long de l’évènement. Avec un marché susceptible d’atteindre 10 milliards d’euros sur le continent noir, un potentiel de croissance énorme et une demande toujours en augmentation, ce salon vient à point nommé pour permettre aux grandes marques de rencontrer leur cible mais aussi aux clientes de trouver les produits adaptés à la peau et aux cheveux noirs. En plus de la quinzaine de stands, des conférences ont été animées par les acteurs du secteur du web et de la beauté ainsi qu’à des ateliers coiffures et maquillages. Ainsi les visiteurs, en plus de pourvoir effectuer leurs achats, sont ressorti des conseils aussi bien en développement personnel, qu’en matière de coiffure et de maquillage.

Cette première édition a tenu toutes ses promesses et prouve bien que le secteur de la beauté noire est en plein essor dans la capitale ivoirienne.

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