Qu’est ce que la santé ? C’est le chocolat !

Le groupe Français Cemoi a ouvert récemment une usine de fabrication de chocolat dans le temple du cacao, la Côte d’Ivoire. Point de vue d’une ivoirienne grande consommatrice de chocolat.

La production ivoirienne de cacao représente plus de 35 % des récoltes mondiales, 50 % des recettes d’exportation du pays et surtout les deux tiers des emplois et des revenus de la population ivoirienne, selon la Banque mondiale. Les profits de l’exportation de fèves de cacao pèsent peu par rapport aux revenus de la fabrication de chocolat, un marché dix fois plus important* sur lequel la Côte d’Ivoire compte se positionner.

chocolat ivoirien

La Côte d’Ivoire broie avant exportation le tiers de sa production locale et compte bien accroitre ce pourcentage à l’horizon 2020. En attendant, c’est avec une grande fierté que le gouvernement ivoirien et le groupe français CEMOI ont inauguré l’usine de transformation de cacao en chocolat à Abidjan, en mai dernier. Précédemment c’était l’usine de transformation primaire du groupe singapourien Olam qui ouvrait ses portes à San Pedro* en mars.

Pour moi, jeune ivoirienne consommatrice de chocolat avérée, l’ouverture de cette usine du chocolat a suscité d’abord de l’engouement, puis bien des interrogations.

Fabriquer du chocolat est une idée qui coule de source lorsqu’on est le premier producteur mondial de sa matière première. Ces usines qui sortent de terre et l’engouement suscité par la Cote d’Ivoire chez les multinationales prouvent bien qu’un certain élan de confiance et de stabilité émane de notre cher pays.

chocolat 2

Cependant, la question que je me pose est de savoir : Pourquoi les autres ? Quel est ce frein qui empêche l’Etat Ivoirien de prendre les devants en créant une usine ivoirienne de transformation du cacao en chocolat ? Pourquoi attendre que le secteur privé, notamment des entreprises étrangères s’en charge ? Est-ce un problème de ressources, de compétences, ou d’enjeux économiques autres qui dépassent l’entendement du citoyen lambda que je suis ?

Lorsqu’une entreprise étrangère expérimentée installe sa énième usine dans le pays où se trouve la matière première, cela est tout à fait normal. On ne peut ignorer les avantages de l’implantation d’une telle industrie sur le sol ivoirien : la création d’une centaine d’emplois, la garantie de vente du cacao à l’usine ainsi que les avantages fiscaux et sociaux. Cependant, sous un angle macroéconomique, nul ne peut négliger le manque à gagner pour l’économie ivoirienne sur les bénéfices nets qui, eux, seront rapatriés.

Il serait dommage d’être le futur producteur mondial par excellence du chocolat si les retombés économiques de cette ambition ne touchent pas pleinement l’économie ivoirienne.

Il y a-t-il une raison pour l’ivoirien d’être fier que la Côte d’Ivoire retrouve peu à peu la confiance des investisseurs ? Oui. Mais la fierté serait plus grande si les ivoiriens étaient les pionniers de la nouvelle économie ivoirienne.

Une chose est certaine tout de même : que c’est bon le chocolat !

*Selon l’organisation internationale pour le cacao ICCO, la production mondiale du cacao aurait rapporté 9 milliards d’euros en 2014 quand celle du chocolat aurait rapporté dix fois plus.
* San-Pedro est une ville balnéaire du sud ouest de la Côte d’Ivoire, située à 348 km d’Abidjan.

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