La tontine : du village au mobile

Photo of Customer paying for merchandise. Business in Africa

Dans son sens premier, la tontine est une convention conclue entre plusieurs personnes  qui achètent un bien en commun. Celui-ci revient au survivant après le décès des autres acquéreurs. En Français d’Afrique, la tontine a un tout autre sens. C’est une association de personnes qui se retrouvent à des périodes d’intervalles régulières pour mettre en commun leur épargne. Chaque participant reçoit donc à son tour, une épargne. Les tours sont décidés selon les besoins de chacun et sont possiblement interchangeables.

Les premiers écrits concernant les tontines datent de 1952. Cependant, au XIXe siècle, on pratiquait déjà l’esusu, une forme de tontine, au Nigéria. Les musulmans yorubas se réunissaient pour épargner. En effet, la tontine a cela de particulier que sa base est le lien social. On fait une tontine avec sa famille, ses amis, sa tribu, ses collègues, etc. La confiance est importante car on épargne les uns pour les autres et celui qui omet de cotiser peut se voir exclu du groupe. Les tontines ont vu le jour en Afrique, avant l’apparition de la monnaie. A l’époque, on s’échangeait des services. Ainsi, on pouvait pendant une période construire la case de l’un, pendant une autre, aider un congénère à organiser une fête pour la venue d’un enfant, ainsi de suite.

Pour Sénamé Koffi, l’Afrique peut redéfinir l’économie du partage

En Asie également, la pratique est ancienne et courante. Dès le XIVe siècle, des petits groupes se réunissaient au Japon pour le « kou » qui ressemblait fortement à une tontine. Le mot « tontine » vient du nom du banquier italien Tonti qui avait suggéré à Mazarin d’utiliser une nouvelle forme d’emprunt pour renflouer les caisses de l’état.

La tontine est aujourd’hui présente dans tous les pays d’Afrique. On l’appelle Dashi au Mali, Likelemba en RCA, Djangui au Cameroun, Obilimba au Kenya ou encore Stokfel en Afrique du Sud. Son rôle est avant tout social. Il n’est pas rare que dans des pays étrangers, les ressortissants d’un même pays africain se réunissent pour des tontines. C’est une technique qui a fait ses preuves pour l’épargne. Si les premiers à remporter la mise doivent ensuite en quelque sorte rembourser un crédit, les autres versent une somme à période régulière qu’ils récupèreront à un moment opportun pour réaliser des projets. C’est une caisse de prévoyance que l’on peut débloquer en cas d’événement heureux ou malheureux (mariage, naissance, décès…).

Lire l’article en entier en page 34 de votre magazine.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

+ 40 = 42