CONNAISSEZ – VOUS LE CIEL AFRICAIN ?  1/3

L’historique générale 

Le transport aérien en Afrique, notamment en Afrique subsaharienne a été initié et impulsé par les puissances coloniales au début du 20e siècle. Principalement pour permettre aux colonies de relier l’Europe aisément, ce qui par ailleurs se faisait au détriment des pays africains entre eux. Ainsi, les métropoles occidentales captaient la plus grande partie du trafic aérien. Le secteur aérien africain avait pour principale caractéristique, les portes d’entrées. C’était des pôles qui servaient d’aéroports principaux en fonction du découpage que les compagnies européennes et américaines avaient défini. Ces pôles constituaient des faisceaux[1]. Jusqu’en 1956, l’on pouvait répertorier 5 principaux faisceaux[2] dans le transport aérien eurafricain : La ligne Europe – Amérique du sud, par Dakar avec 16 services hebdomadaires ; La ligne Europe – Asie – Australie par Le Caire avec 24 services hebdomadaires ; La ligne Afrique Occidentale jusqu’à Conakry avec 14 services hebdomadaires ; La ligne Afrique Centrale avec 46 services hebdomadaires ; La ligne Afrique Orientale avec 93 services hebdomadaires.
Néanmoins à cette époque, il existait des restrictions qui empêchaient surtout les compagnies d’Amérique du Nord de desservir des lignes telles que France – Dakar, ou encore Lisbonne – Léopoldville (Kinshasa) et Lisbonne – Johannesburg. Les compagnies américaines avaient donc des relais tels que Alger ou Le Caire.

Le ciel Africain, ce sont aussi les drônes, de plus en plus exploités sur le continent 

 L’ère Air Afrique 

Dès les périodes d’indépendances, le transport aérien en Afrique  francophone connait une révolution. Notamment à travers Air Afrique[3], créée par onze pays avec une contribution au capital à parts égales (6,54%). Le 28 Mars 1961, le Cameroun, le Congo Brazzaville, le Benin, le Burkina-Faso, le Niger, la RCA, la Côte-d’Ivoire, le Gabon, la Mauritanie, le Sénégal et le Tchad s’associent pour fonder une compagnie aérienne africaine. Les raisons sont multiples : la première est une synergie des moyens financiers qui, isolés limitaient la possibilité pour chacun de ces pays de créer sa propre compagnie. Par ailleurs, le trafic, bien que connaissant une densité inédite à cette période, était fastidieux, notamment lors des correspondances qui pouvaient durer plus de 34 heures.
Cette ère marque aussi l’évolution du secteur aérien pour les pays comme l’Afrique du Sud et l’Ethiopie. Cette dernière, encouragée par l’empereur Haile Sélassié en 1945 se dote d’une nouvelle flotte et ouvre des lignes inter africaines notamment pour l’Afrique australe et l’Asie.
Lors de la création d’Air Afrique, le siège désigné est Abidjan et la nationalité du Directeur Général est attribuée au Sénégal. Ainsi Cheikh Fall devient le premier dirigeant de la compagnie panafricaine et après dix ans de service, il est remplacé en 1973 par Aoussou Koffi, à l’époque membre du gouvernement ivoirien (des discussions entre les dirigeants ivoiriens et sénégalais conduisirent à la rupture du privilège sénégalais de diriger la compagnie panafricaine). Air Afrique changera encore de PDG et de dirigeant jusqu’à sa mise en liquidation en 2

Aéroport international Murtala-Muhammed – Lagos, Nigéria

002, avec le mandat de son dernier dirigeant, le togolais Marcel Mensah Kodjo.
Dans le même temps, d’autres pays africains vont faire progresser le niveau du transport aérien. Le Nigeria par exemple, se dotera de nouveaux aéroports pour privilégier les vols domestiques entre les états. Néanmoins le déclic pour les vols domestiques est réellement parti de la South African Airways, qui dès les années 30/40 rallie les villes de Durban, Le Cap et Johannesburg. Le contexte de l’apartheid qui cause des interdictions de vol dans le ciel Sud-Africain favorise notamment l’orientation de la compagnie pour des vols nationaux.

Comment les choses ont – elles évolué après les années 70 ? Quel état des lieux du transport aérien aujourd’hui et quelles perspectives ? Nous en parlerons dans le second épisode de ce mini-dossier sur le ciel Africain.

Découvrez notre mini dossier sur l’industrie de Nollywood et son ascension 

[1] Point principal d’atterrissage de plusieurs compagnies desservant une sous-région continentale.
[2] Source : magazine Persée, 1963.
[3] Ne pas confondre la compagnie française Air Afrique créée en 1926, devenue Transafricaine en 1928 et qui plus tard après avoir migré en « Régie Air Afrique » en 1934, s’est dissoute en 1945 lors de sa fusion avec Air France ; avec la compagnie panafricaine Air Afrique.

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