Comment Nollywood est devenue l’une des plus grandes industries cinématographiques du monde? – 1/3

"Half of a yellow sun", de Biyi Bandele, tourné en 2013 : avec un budget de 9 millions de dollars, c'est le film nigérian le plus cher à ce jour.

LES ORIGINES

Le 02/06/2016 s’ouvrait la 4e édition de la Nollywood Week.  Ce soir-là, Nollywood s’était réuni à Paris pour voir pour la première fois le très attendu the CEO de Kunle Afoloyan. Le film avait quelques heures plus tôt été diffusé en avant-première dans un vol Lagos-Paris. On est loin de l’image du cinéma nigérian avec ses histoires de sorcellerie et ses effets spéciaux de mauvaise qualité. Depuis quelques années, l’industrie Nollywoodienne est en constante évolution. Après s’être faite connaître par la quantité de sa production, elle souhaite conquérir le monde par sa qualité. Dans cette série, nous nous intéressons à l’évolution de l’industrie qui contribue aujourd’hui à 2% du PIB de la première puissance économique du continent.

Lire aussi : Nollywood revient à Paris pour la 4ème année consécutive 

HUBERT-OGUNDE-WITH-EIGHT-WIVES-1969_Naijarchives

Hubert Ogunde et ses 8 épouses, qui avaient pour habitude de monter sur scène avec lui

Nollywood -qui n’est pas encore appelée comme ça- naît dans les années 1960. Les cinéastes historiques tels que Ola Balogun, Hubert Ogunde, Jab Adu, Moses Olaiya et Eddie Ugboma réalisent les premiers films nigérians. Hubert Ogunde, pionnier dans le domaine de l’opéra folklorique nigérian, a créé le Concert Party Ogunde également connu comme Ogunde Theatre en 1945. Elle a été la première compagnie théâtrale professionnelle dans le pays. Ola Balogun, autre pionnier, a dirigé un large éventail de films sur des sujets variés : la politique, la corruption, la pauvreté, et la musique. Même s’il est encore dans l’industrie du cinéma, sa grande passion est maintenant la musique. Le regretté Jab Adu, Moses Olaiya et Eddie Ugboma ont eux aussi commencé par le théâtre et la musique.

En 1972, un décret exige le transfert de près de 300 salles de cinéma de leurs propriétaires étrangers à des Nigérians, Dès lors, beaucoup plus de  Nigérians  s’engagent dans le cinéma. Le boom pétrolier entre 1973 et 1978 va considérablement augmenter le pouvoir d’achat dans le pays et permettre à une grande partie de la population de pouvoir consacrer des moyens au cinéma ou à l’achat d’un téléviseur. Papa Ajasco (1984) par Wale Adenuga et Mosebolatan (1985) par Moïse Olaiya sont alors les premiers blockbusters de Nollywood.

Lire aussi : Comment Nollywood compte conquérir la planète cinéma

living-in-bondageDans les années 90, Nollywood connaît un nouveau boom. Living in Bondage (1992) de Kenneth Nnebue est un véritable succès. C’est le premier film réalisé en Igbo, langue parlée par 20 à 35 millions de personnes dans le pays. La concurrence entre films réalisés en Haussa, Yoruba, Anglais ou Igbo va créer une réelle productivité dans l’industrie. Certains films sont produits dans des langues moins connues comme l’Efik, l’Ijaw ou l’Itshekiri.

Dans les années 2000, le cinéma nigérian s’est largement popularisé en interne et au sein de sa diaspora. Il s’exporte avec des films comme Osuofia in London (2003) avec Nkem Owoh (Ukwa), un comique populaire. Mais si Nollywood produit désormais plus de films qu’Hollywood, la qualité n’est pas encore le critère principal. Les thèmes principaux sont le mariage, les castes et la sorcellerie. Les films sont réalisés en plusieurs parties toutes aussi longues que les autres. Le principal système de distribution est la rue et les VCD (très souvent piratés) que les producteurs ont su utiliser à leur avantage. Pour les non anglophones, il est difficile de regarder les films. Les quelques doublages qui existent sont très mal faits. Cependant, Nollywood est connu. Des stars émergent et au delà de la quantité, la qualité devient un critère de plus en plus important. Pour conquérir le monde, l’industrie élève ses standards.

Trève d’histoire! Rendez-vous à l’épisode 2 de la série pour revenir au glamour des tapis rouges de la Nollywood Week et à l’état actuel de l’industrie.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *