Comment Nollywood est devenue l’une des plus grandes industries cinématographiques du monde? 3/3

De gauche à droite : Aurélie Eliam, Wale Ojo, Kunle Afolayan, Angelique Kidjo et Fatym Layachi au Festival Nollywood Week Paris pour la première diffusion de The CEO

Conquérir la planète cinéma

Suite et fin de notre saga Nollywood. Nous avons plongé dans l’histoire du cinéma nigérian puis nous avons étudié son fonctionnement. Il est temps pour nous d’étudier le plan de l’industrie pour conquérir le monde et apporter notre pierre à l’édifice.

Il y a quelques temps, nous apprenions que le Nigeria n’était plus la première puissance économique du continent. Très dépendant du pétrole, le pays aura subi les affres de la baisse des cours de celui-ci. La dévaluation du naira (la monnaie nationale), et le taux d’inflation auront eu raison de l’économie du pays le plus peuplé du continent. En septembre dernier, après deux trimestres de croissance négative, le pays rentrait officiellement en récession. Le gouvernement a donc décidé de s’intéresser au deuxième pourvoyeur d’emplois du pays : le cinéma.

L’équipe du film “The Dazzling Media”, vainqueur du prix du public à la Nollywood Week Paris 2015

L’équipe du film “The Dazzling Media”, vainqueur du prix du public à la Nollywood Week Paris 2015

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Durant le festival des films animés organisé par les ambassades françaises et japonaises à Abuja, le 13 novembre dernier, le ministre de l’information et de la culture Alhaji Lai Mohammed a annoncé la volonté de son gouvernement de développer des partenariats avec les deux pays pour investir dans l’industrie du cinéma. Le gouvernement canadien a également promis de sponsoriser la formation de 1000 réalisateurs de films d’animation nigérians. “Lorsque nous avons fait confiance au pétrole tout-puissant, nous avons construit des raffineries, des pipelines, des sociétés de commercialisation de pétrole, des stations-service, etc. Puisqu’il s’agit maintenant de recentrer notre attention sur ce secteur, nous devons maintenant faire les investissements nécessaires dans les infrastructures. L’industrie cinématographique s’est révélée non seulement un grand employeur de main-d’œuvre, en particulier des jeunes, mais aussi potentiellement très rentable en devises, en raison de son attrait et de sa demande internationale. Nous avons besoin d’installations de studios professionnels dans chaque état du pays.” a déclaré le ministre.

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Les trois plus grosses industries cinématographiques du monde. Source: http://www.nollywoodweek.com

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Après s’être longtemps développée par elle-même, l’industrie nollywoodienne bénéficie aujourd’hui de l’attention du reste du monde, et donc des investisseurs. Lors du festival Nollywood Week à Paris, la directrice de la fondation Tony Elemelu disait la volonté de sa structure à non pas financer des films, mais investir dans des projets entrepreneuriaux liés au cinéma. La construction de studios ou de salles pourrait en faire partie. La Bank of Industry du Nigeria s’est elle aussi engagée à investir dans les projets prometteurs. La qualité sera désormais de plus en plus accessible pour les réalisateurs.

Les films de Nollywood gagnant en qualité, ils s’exportent de plus en plus facilement. Si les films nigérians n’ont pas encore réussi à s’insérer dans les programmes des salles de cinéma étrangères, ils écument les festivals. Outre la Nollywood Week Paris qui lui est consacré chaque année, le cinéma nigérian peut compter sur le festival Beyond Nollywood Weekender à Londres pour atteindre de nouveaux publics. Le but de ces festivals est aussi de changer l’image du film nigérian. Au Festival International du Film de Toronto en septembre dernier, les huit films nigérians présentés dont The Wedding Day de Mo Abudu et 76 de Izu Ojukwu ont fait sensation.

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Le vainqueur du prix du public de la Nollywood Week Paris 2016

Il suffit de taper “Nollywood” dans un moteur de recherche pour voir à quel point l’industrie intéresse. D’Abidjan à New York en passant par Paris, on prédit un avenir radieux au cinéma nigérian. On félicite la qualité nouvelle, on apprécie les performances. Il semblerait que Nollywood soit à un pas de devenir la nouvelle sensation des grands écrans dans le monde entier. Ça ressemble cependant beaucoup à l’engouement pour Bollywood il y a quelques années. Le cinéma indien même s’il est le plus prolifique au monde reste encore consommé majoritairement par les indiens. Les portes semblent ouvertes pour Nollywood mais on est encore loin de l’arrivée. L’Etat, les investisseurs étrangers, les dirigeants de festival auront beau y mettre du leur, c’est au public de soutenir l’industrie. C’est en remplissant les salles de la Nollywood Week Paris et des autres festivals du genre que les propriétaires de salles se rendront compte du potentiel. C’est aux africains de soutenir en achetant ces films pour les salles locales qui ferment trop souvent, faute de pouvoir projeter des films étrangers avant qu’ils ne soient disponibles sur le marché noir. C’est aux télévisions de décider d’acheter du contenu original. Nollywood est en marche pour conquérir le monde. N’attendons pas que le reste du monde applaudisse pour booster un joyau de l’industrie africaine.

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