CINÉMA NUMÉRIQUE AMBULANT : LE CINÉMA POUR TOUS

 Depuis près de 15anarticle_11304_4_0s, les salles de cinéma disparaissent les unes après les autres en Afrique. Si hier, on aimait amener sa bien aimée suivre un bon film dans les salles de cinéma, ou se retrouver entre potes afin de passer du bon temps hors de la maison, les africains ont perdu cette envie depuis peu pour s’accrocher soit à la télé soit à des CD Vidéo qui se vendent partout. Le CNA, Cinéma Numérique Ambulant, vient redonner depuis quelques temps maintenant l’envie à la population d’aimer d’avantage le Cinéma et surtout leur donner la chance de connaitre les productions du continent.

Le Cinéma numérique ambulant, en abrégé CNA, est un réseau international d’associations culturelles de cinéma itinérant qui a pour objet la diffusion du cinéma africain dans des régions où il n’existe pas. La première de ces associations a été créée en 2001. Le réseau s’est ensuite progressivement étendu au Benin, au Niger, au Mali, au Burkina Faso, en France, au Togo, au Sénégal, et au Cameroun. Les associations CNA ont créé en 2008 une structure de coordination qui est le CNA-Afrique, dont le siège se trouve à Ouagadougou (la ‘’capitale’’ du cinéma africain). Son conseil d’administration est composé d’un représentant de chaque pays, et de quatre personnalités extérieures. Depuis 2003, les CNA ont réalisé plus de 5 000 projections pour des millions de spectateurs.

Dans chaque pays, une association locale gère ces cinémas ambulants. Une cinquantaine de salariés (animatrices animateurs, administrateurs, techniciens techniciennes, chauffeurs, responsables,) travaillent dans les CNA. Chaque structure est composée de trois personnes recrutées, formées et salariées par l’association : une animatrice responsable de l’équipe, un technicien projectionniste et un chauffeur. Ils sont assistés en permanence par un coordinateur du CNA. Toutes les structures sont dirigées par des femmes.

CNA écran_0Les projections sont organisées en deux parties : Une première partie est réservée à la projection de films de sensibilisation et la seconde partie est consacrée à la diffusion d’un long métrage africain. Chaque projection est suivie d’une proposition de débat animé par la responsable en langue locale. Dix projections sont organisées par village, deux fois par mois, avec une programmation différente à chaque fois. Le CNA a des structures mobiles de projection utilisant la technologie numérique afin de créer, dans des zones rurales, des salles de cinéma en plein air. Le CNA organise 1 200 projections par an : des fictions, des documentaires, mais aussi des films sur la santé, l’accès à l’eau ou l’inscription sur les registres d’état civil.

Tout est donc mis en œuvre, grâce à des techniques numériques, pour que même étant dans un petit village perdu d’Afrique, voir des films devienne possible. Cependant le CNA peut-il sauver le cinéma africain ? Je pense que c’est un bon début déjà pour les habitants des zones enclavées ; seulement qu’en est-il des populations des zones urbaines ? D’ailleurs, je suis du même avis que Stephanie Dongmo presidente du CNA Cameroun quand elle dit « Le Cinéma numérique ambulant ne peut pas être la solution. Il ne peut que permettre de créer un nouveau public pour le cinéma. C’est à partir de là que tout devra se jouer. Il faudra ensuite une vraie politique, une vraie vision, un cap et les moyens qui vont avec ou en tout cas la volonté de les trouver. »

Plus d’infos : www.c-n-a.org

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