ALPHADI : MONUMENTAL !

Le père et le fils ALPHADI

L’élixir de jouvence existe. 30 ans de carrière et pas une ride. Alphadi est un des précurseurs de la mode africaine –  comme Chris Seydou, Pathé’O – qui ont tracé le chemin pour les jeunes créateurs. On ne parle pas d’Alphadi, on le vit. On contemple son œuvre comme on écouterait un classique du jazz produit pour créer un enchantement perpétuel, et qui accompagnerait nos jours et bercerait nos nuits. Seidnaly Sidahmed, de son vrai  nom, est une Icône de la culture africaine, aussi iconique que cette ‘chéchia’ mythique dont il ne se sépare jamais.
« Prince du désert« , « Magicien du désert »   – pour son ascendance noble Touareg et berbère et sa naissance à Tombouctou au Mali – ou encore « Yves Saint-Laurent Africain« , les surnoms affluent, mais l’Homme demeure, traverse les époques, en ambassadeur du stylisme et de la mode africaine, auxquels il est viscéralement associé.

Inoxydable

On oublierait qu’il a commencé sa vie professionnelle par des études universitaires en tourisme et marketing  à Paris, avant d’intégrer la fonction publique  nigérienne comme directeur du tourisme au Ministère.

Mais c’était sans compter sa passion pour la mode et la création. À aller vers son risque et à imposer sa chance, il renonce en 1983 à une carrière de haut fonctionnaire, pour se dévouer exclusivement à la mode et créer la marque éponyme en 1985. Une gageure! Tant le confort matériel et le prestige que procure une telle position sociale était certain, surtout dans un pays de 17.6 millions d’habitants, considéré comme l’un des plus pauvres de la planète et dont la Banque Mondiale estime le PIB par habitant à 403.4 dollars. Pourtant, cette plongée dans l’abîme n’était que la suite logique d’une fréquentation assidue des défilés de mode et des cours de l’Atelier Chardon Savard, durant sa formation académique à Paris.

En 1987, la Fédération Française de la Couture et du Prêt à Porter lui décerne, à Paris, son premier prix : l’Oscar du Meilleur styliste Africain. C’est le début d’une grande carrière.

30 ans plus tard, qu’est-ce qui fait encore courir cet infatigable créateur ?

Ce n’est certainement plus les lauriers – Prix de la fondation Prince Claus des Pays-Bas (1998); élevé  au grade de Chevalier de l’ordre du mérite français par le Président Jacques Chirac (2001) – ni les titres honorifiques –  Ambassadeur de bonne volonté et Commandeur de l’ordre des Palmes académiques du Niger -, ni même la notoriété – régulièrement classé[1] parmi les hommes les plus influents d’Afrique, il a été reçu par le Président Obama au Sommet de l’Entrepreneuriat de Washington en 2010 pour représenter le Niger et a été nommé Artiste pour la Paix par l’UNESCO[2] en 2015.

Son moteur est de ne jamais avoir renoncé à son ambition de voir les Africains porter des bijoux et des vêtements locaux, ce qui l’a consacré comme l’un des plus ardents promoteurs de la mode africaine. C’est donc à dessein qu’Alphadi fonde  en 1994 la Fédération Africaine de Couture (FAC), qu’il préside encore aujourd’hui. A ce titre, il sensibilise les investisseurs et les décideurs politiques africains sur l`importance du secteur de la Mode et du Textile comme vecteur de développement économique, social et culturel.  » Mon combat a toujours été de donner une chance à la culture africaine d’être connue, de se développer. Que la culture remplace définitivement notre manière de tendre la main « , martèle-t-il.

Il est essentiel de rappeler qu’en 2004, Alphadi a défilé en Haute Couture, à Paris, au musée GALLIERA, avec des bustiers en plaques d’argent ciselé par des artisans Touaregs, des manteaux en bogolan dont un a été offert et fait partie des collections du musée.

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[1] les 50 africains les plus influents du Monde en 2014 de l’hebdomadaire Jeune Afrique (27 avril – 10 mai 2014)

[2] Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture

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