20 ANS D’ÉCRANS NOIRS…

Montée des marches avec Syndy Emade et Serge Abessolo

Le 23 juillet dernier, s’achevait le rendez-vous par excellence des cinéastes et cinéphiles Camerounais et Africains. Pendant 9 jours, Yaoundé a vibré au rythme des avis provoqués par plus de 50 longs-métrages, court-métrages et documentaires en compétition, mais aussi par près de 30 films et documentaires hors-compétition spécialement programmés pour cette édition anniversaire du festival régional le plus couru de l’année. Projections, formations, colloques et espaces d’échanges entre professionnels du cinéma et cinéphiles, ont animé la semaine. Le festival a aussi été l’occasion pour l’association « Ecrans Noirs », reconnue d’utilité publique par le Président de la république Du Cameroun, de faire un bilan sur le chemin parcouru jusqu’ici. 20 années au cours desquelles l’association, sous la houlette de son président Bassek Ba Kobhio s’est engagée pour promouvoir le cinéma Africain, malgré le fait qu’une grande partie de l’opinion publique se dise encore que le festival n’est réservé qu’aux cinéastes et à une certaine élite intellectuelle.

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647_1463119510Cette 20e édition était celle des nouveautés avec l’accent mis sur les séries africaines. Les participants ont pu découvrir en exclusivité le talent des producteurs, réalisateurs et acteurs du continent dans des séries telles que : Péripéties (Cameroun), Les Batailles de Fanny (Cameroun), End Game (Afrique Du Sud) ou encore Cape Town (Afrique Du Sud). La découverte se faisait en soirée, lors de projections en plein air au « Village Du Festival ». Ces soirées étaient organisées par Nollywood TV, A+, Canal + ou encore TV5, chaînes partenaires du festival. Cette nouvelle édition était aussi celle des surprises, puisque c’est devant une assemblée consternée que Jean Claude Crépeaux, président du jury, annonce qu’il ne sera pas décerné d’écran du meilleur long-métrage Camerounais, lors de la cérémonie de clôture. Il faut admettre que le Jury a eu le courage d’exprimer ce que beaucoup de cinéphiles pensent de la qualité d’une bonne partie des productions cinématographiques Camerounaises. Sans être nécessairement mauvaises, elles manquent encore de justesse sur des points techniques tels que le son, et sur l’écriture des scénarios, selon Françoise Ellong, programmatrice du festival pour cette 20ème édition. Malgré leur passion il faudrait que les cinéastes Camerounais mettent un point d’honneur à acquérir des formations qui leur permettront de produire des films répondant aux normes du métier.

Narcisse Wandji et Hicham El Jebbari, respectivement écrans d'or du meilleur court métrage et du meilleur long métrage

Narcisse Wandji et Hicham El Jebbari, respectivement écrans d’or du meilleur court métrage et du meilleur long métrage. Source : lefilmcamerounais.com

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Comme d’habitude, le festival a surtout été  le moment ou certains cinéastes ont vu leur œuvre être reconnues par l’ensemble de la profession. Les gagnants de cette année étaient :

  • « Walls» du réalisateur Camerounais Narcisse Wandji dans la catégorie des Court-métrages.
  • « Batcham Dieu d’Appolo et la traversée du noir» de Vincent Fouodji, dans la catégorie des Documentaires
  • « Ben et Ara» co-réalisé par Likké Nnegest et Nkanya Nkwai, pour la catégorie des films étrangers

– « Les larmes de Satan » du réalisateur Hicham El Jebbari (Maroc) a quant à lui remporté l’écran d’or du meilleur long-métrage.

Ce palmarès a également révélé la jeune actrice Laura Onyama, qui  a gagné l’Ecran de la meilleure actrice Camerounaise  pour son rôle dans « kiss of Death » de Musing Derick. Martial Fonguieng a quant à lui remporté l’Ecran du  Meilleur Acteur Camerounais  de cette édition 2016 pour son rôle dans le long-métrage intitulé « Au-delà de la déchéance » d’Abel Nguenkam.

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Nous à la rédaction, nous avons eu le coup de cœur pour deux films non primés : « Fakeh », un court-métrage Camerounais abordant le thème de la maladie mentale chez les femmes, et la « La Poupée » du Sénégalais, Noel Bassé qui parle de la générosité des enfants et de rapports entre les riches et les pauvres.

Nous sommes tout de même restés sur notre faim quant au degré de participation et à l’engouement du grand public pour l’évènement. Les salles de projections combles n’étaient pas légions. Cela pousse à se questionner sur l’efficacité de la communication qui a été faite autour du festival, et sur les actions que les pouvoirs publics posent pour promouvoir cette initiative.

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